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Frère Nègre et Clamor Album

Dans ce pays on peut utiliser le mot « nègre ». La Suisse n’est pas la France. Pourtant ce Cri Nègre lu sur un blog me trouble, alors que presque le même jour éclate une polémique virulente sur le fichage ethnique à Béziers. Deux standards contradictoires, deux règles de langage: si l’usage du mot nègre est fortement déconseillé aux blancs, il semble autorisé aux noirs « de souche ».

crinègre1.jpgClamor Album

Ce Cri Nègre est poussé par Gorgui Ndoye, journaliste sénégalais accrédité auprès de l’ONU à Genève, et blogueur aux convictions fortes et d’une grande gentillesse et sensibilité:

« Notre Cri Nègre ce sera de refuser toute forme de Domination et de Soumission mais d'appeler à plus d'Humanité pour que vive les humains ! »

Bon, va pour « nègre ». Un mot revendiqué pour la distinction ethnique qu’il traduit. Un mot identitaire fort. Un mot d’appartenance, un mot qui sépare les humains en appartenances multiples. Moi j’ai aussi un cri. Un Cri Blanc. Clamor Album en latin. Un cri qui refuse la domination et la soumission que tous les êtres humains ont endossé à leur tour (y compris certains africains, eux-mêmes esclavagistes).

« Les marchands noirs pratiquaient la traite sans le moindre état d’âme ; comme s’ils ne vendaient que de simples objets, dans une totale indifférence, au même titre que leurs partenaires blancs ». (Félix Iroko, historien béninois, dans « La côte des esclaves et la traite atlantique. Les faits et le jugement de l’histoire », p. 109, parution en 2003). Et l’auteur africain de cet article d’ajouter: « On ne comptait donc pas. On envoyait seulement. Aussi ne saura-t-on jamais, même pas approximativement, combien de Noirs ont été vendus ainsi par les leurs aux Blancs. Mais l’on sait que « les souverains locaux, pour se procurer les captifs, en faisaient tuer un nombre infini ; les plus âgés étaient toujours égorgés » (p. 113)»

Ce mot « nègre » ne concernerait-il pas les esclavagistes africains et musulmans? Il est si rarement question d’eux qu’on peut supposer, à l’instar de Christiane Taubira, qu’on les cache délibérément. L’appartenance du blogueur à la communauté musulmane, qui a pratiqué la traite des esclaves à très large échelle, explique peut-être cette discrimination.

 

Frère Nègre

J’entends la force procurée par cette belle formule: « Cri Nègre ». On y sent le parfum de l’esclavage et de la révolte, les tripes qui se nouent, la mémoire tendue. On y sent la force ascendante. Partir d’aussi bas que l’esclavage force à monter.

esclavage_bon.jpgSe revendiquer nègre, ou blanc, c’est plonger tout droit dans l’affirmation de nos différences de peau, d’histoire, et tôt ou tard dans la revendication ethnique. Je constate que les appartenances originelles, « de souche », continuent à jouer un grand rôle. C’est comme se revendiquer homme ou femme: il y a là des communautés informelles, des appartenances par affinités de biologie ou d’intérêts. Ou par la géographie et l’habitude. Qui vit longtemps au même endroit finit pas s’y sentir chez lui. Il exerce même, par habitude ou ancienneté, une sorte de préséance ou d’antériorité. Et l’ancienneté c’est le lien à nos origines et à nos racines. Un lien qui nous fonde et sans lequel nous serions inadaptés, incapables de réagir au monde.

Le « Cri Nègre » semble être une sorte de recours émotionnel qui rend toute parole légitime. La souffrance passée ferait des victimes anciennes des humains plus humains. Mais le plus gênant est de situer la naissance des africains à la période de l’esclavage. Se référer à la négritude, comme Aimé Césaire et d’autres l’ont fait, c’est à la fois refuser l’esclavage en affirmant fièrement son origine et en même temps valider le concept de race ou d’ethnie. Les africains n’existaient-ils pas libres auparavant? N’ont-ils pas, comme les européens, conduit des guerres, occupé des territoires, pris l’or du voisin, vendu leurs frères aux commerçants blancs? Les africains n’existaient-ils pas avant l’esclavage?

Mon Cri Blanc est probablement le même que celui du journaliste. Mais il est blanc et pas nègre. Il porte une autre histoire. Celle des colonies au XIXe siècle, mais aussi celle des invasions barbare subies depuis des millénaires, celle des massacres sanglants. Les hommes n’y sont pas des dominants par nature. La plupart d’entre eux ont été d’anciens esclaves, des serfs, des gens sans pouvoir ni audience dans la société.

Frère nègre, je ne suis ni supérieur ni inférieur à qui que ce soit. Je ne suis pas le bourreau et toi la victime. Je n’endosse pas ce qu’ont fait mes ancêtres, pas plus que tu n’endosses la traite négrière commise par tes propres frères sur ceux de ta propre race.

Si toi, black de peau et de culture, musulman revendiqué, tu dis « Nègre », alors je fais comme toi: je dis « Nègre ». Car quel modèle serait plus approprié que toi, africain?

Aucun de mes mots ne t’est interdit. Aucun de tes mots ne m’est prohibé.

Je me trompe?

 


Image 1: C. Dalla Fontana, « Le grand cri nègre ». Image 2: mémorial aux esclaves de Saint-Nazaire.

16 commentaires

Commentaires

  • "et en même temps valider le concept de race ou d’ethnie." Ouais, c'est ça qui devient comique. Les bobos ont réussi à interdire de parler de race (en France) et maintenant, il n'existerait plus d'ethnies ! Que des individus ! Voir le billet de l'ineffable Julien Nicolet qui refuse mes commentaires parce qu'il ne sait pas comment y répondre.
    Ce refus de voir autre chose que des individus, c'est exactement le coeur de ce que dénonce Zemmour dans "Suicide français".
    Et on remet Pichot à propos de "race"...
    https://www.youtube.com/watch?v=UnZoIE5jsKA

  • Ah oui, encore une redite. En Angola ou au Mozambique, j'ai une fois voulu faire mon politiquement correct et j'ai dit à un naturel : "vocé esta preto"... Le type m'a regardé l'air furieux et m'a dit : só o carbao esta preto, eu sou negro...
    Le traiter de "noir" paraissait vraiment insultant.

  • Hommes Libres ! Le mot Nègre que j'utilise dépasse de loin la littérature et la tentative d'explication que vous lui donnez. Et je vois même que vous essayez de disculper la barbarie et ou de légitimer l'actuel nazisme de Robert Ménard.

    Mais en homme libre, vous assumez. Ce que dit notre conscience à chacune et à chacun couché ou pas sur du papier est plus éloquente que toute forme de posture.

    Moi qui suis avant tout un apprenti historien je sais très bien que l'Histoire de l'humanité des Noirs ne commence pas avec la traite industrielle atlantique occidentale. La Civilisation humaine a bien débuté quelque part ! N'est ce pas. Aujourd'hui cette identité est multiple. C'est dans son acceptation qu'on peut promouvoir le Respect et la Tolérance.

    Bien à vous.

  • @ Gorgui:

    Je ne légitime rien. Je ne légitime pas la barbarie. Je pense que l'on ne doit pas continuer à cultiver ce schéma blanc-noir. C'est un combat en forme d'impasse. Chacun doit prendre sa part dans l'esclavage: européens, africains, arabo-musulmans. Cela me paraît juste et plus propice à terme à un apaisement et à un dialogue ouvert vers l'avenir. Mais dire que je légitime la barbarie n'est pas un argument et ne peut contribuer à ce dialogue - dialogue qu'avec vous je crois possible pourtant, au-delà de stigmatisations émotionnelles, ce qui est aussi une des raisons de mon billet de ce jour.

    J'entends la souffrance collective de l'esclavage. C'est abominable, sans aucun doute. L'esclavage a aussi fonctionné au préjudice d'européens. Devrais-je dire "Mon Cri Caucasien"?

    Tout cela est difficile et très à vif.

    Sur les statistiques ethniques, à mon avis elles doivent faire partie de la panoplie de données utiles à un pays. On fait bien des statistiques de genres et de sexes, par exemple pour savoir qui des hommes ou des femmes contracte le plus certaines maladies, ou qui cause le plus d'accidents. Discrimination? Oui: discrimination utile pour la gestion des services, pour l'organisation sanitaire, etc.

    On peut aussi en faire autre chose, bien sûr. Je crois que l'on ne doit pas rejeter ce genre de débat et couper un pays ou des populations en deux: les bons et les méchants. Ce n'est pas si simple. Le rejet de certains débats pendant des décennies, au nom d'une "bonne conscience" discutable, a fait se creuser le fossé social et grandir un malaise qu'aucun discours actuel n'apaise. Alors il faut parler, encore, en espérant qu'émerge, peu à peu, un nouveau paradigme, une amorce de lucidité. L'apprivoisement mutuel est à ce prix. L'apprivoisement, c'est cette chose intime qui descend dans le corps et qui cimente peu à peu la fraternité et la confiance. L'erreur de la posture anti-raciste officielle parisienne, celle qui s'indigne sur les plateaux télé dans un langage convenu et ne peut indéfiniment se cacher son désarroi, est de croire que l'on peut tous se faire confiance a priori, sans se tester. C'est à mon avis erroné. Je pense qu'apprivoiser ne peut être que progressif.

    J'ajoute que la "bonne conscience" a contribué à donner de l'audience à JM Le Pen. Pourquoi les partis traditionnels s'empêchent-ils de prendre le taureau par les cornes? Dans tous les domaines il y a des contingences catégorielles, et les catégories vont de la profession à la religion. Le problème n'est pas qu'il y ait des catégories mais que l'on ne considère qu'une seule de ces catégories. C'est ce que j'ai cru comprendre que fait M. Ménard. En France en tous cas ce genre de débat et d'action est à mon avis la conséquence directe du silence imposé sur certains sujets (imposé à tort à mon avis); mais bon, la France aime les affrontements.

    Bien à vous.


    @ Géo: vos commentaires sont notés en ligne dans ma boîte, mais je ne les vois pas encore tous sur le blog.

  • "mais je ne les vois pas encore tous sur le blog." Comprends pas où est le problème...

  • Ça arrive parfois aussi avec d'autres, qui apparaissent des heures plus tard (ou le lendemain).

  • Les mots sont parfois tellement chargés d'histoires et d'Histoire.
    Le mot "nègre" en est un et on ne sait pour finir plus ce qu'il faut en faire.
    Sur la côte d'Azur, il y a le Cap Nègre, Nègre est un nom de famille français, la "négritude" est un concept littéraire ou culturel et puis si j'ai bien compris "negro" est un adjectif de couleur en espagnol et il veut dire "noir". Actuellement, les adolescents utilisent le mot "black" de façon non seulement acceptable, mais carrément positif. Je ne les entends pas dire "noir".
    Tout cela me semble être le signe d'une incertitude, d'une déstabilisation. La couleur de peau et son appellation sont devenues problématiques et l'utilisation du vocabulaire est conditionnée par le contexte.
    Je me suis souvent demandée, s'il était nécessaire de parler de nos couleurs, mais j'ai remarqué que pour mes élèves plus ou moins foncés de peau, c'était un vécu très important. Eux-mêmes vivent leur différence de façon marquée et vont p.ex. penser que les choses compliquées qui leur arrivent sont causées par leur couleur de peau. C'est parfois une souffrance très vive et visiblement difficile à relativiser.
    Ce n'est pas le cas de tous les ados et ce qui m'intéresse vraiment, c'est pourquoi certains semblent vivre leur vie de façon complètement épanouie et même jouir d'une position enviable dans le groupe de leurs pairs. Ils et elles semblent privilégier d'autres paramètres, être sûrs d'eux, parce que intelligents, beaux, sportifs ou drôles. Le feed-back autour d'eux est
    gratifiant et peut-être ont-ils remarqué que des ados "blancs" autour d'eux peuvent être malheureux de leur apparence : trop petits, trop grands, trop gros, pas assez musclés ou pas assez de seins etc etc. Et puis, il y a les roux !
    Comme Gorgui Ndoye, je pense que les Africains ont existé avant nous, avant que nous ne les "découvrions" et en-dehors de toute référence à nous (comme d'ailleurs les Inuits, les Aborigènes, les Chinois, les Japonais, les Amerindiens etc). Bien sûr, nous ne connaissons pas bien l'Histoire africaine d'avant l'arrivée des Européens et pour cause.
    Le billet de Gorgui concernant la politique de l'Arabie Saoudite est drôlement bien argumenté et m'a appris qu'il était prévu que des soldats sénégalais aillent se battre au Yémen.
    De lire "Cri Nègre" dans ce contexte ne me choque pas. Je n'aurais pas pu l'écrire moi-même, parce que ce n'est pas quelque chose que je peux ressentir ! Je n'aurais pas non plus eu l'idée de dire "Mais pourquoi les Sénégalais ne poussent-ils donc pas un cri nègre ?", mais ça doit être parce que je manque d'imagination et de créativité ;-)))
    Quant à "Clamor Album", j'ai cru, dans un premier temps, qu'il s'agissait d'un nouveau CD chanté en Latin (par Les Prêtres). C'est bien trouvé, même si je ne me sans pas "alba", ce mot vient de trop loin, d'une culture à laquelle j'ai de la peine à m'identifier.
    Et nous, les Européens, sommes-nous vraiment "blancs" ?
    Je m'examine et je trouve que je suis beige clair et souvent quand-même rouge (trop de soleil, pas assez de crème et de chapeau, trop d'effort physique, trop d'émotions, trop de vin et d'épices ;-))))

  • "Actuellement, les adolescents utilisent le mot "black" de façon non seulement acceptable, mais carrément positif. Je ne les entends pas dire "noir"."
    Par contre, partout en Afrique et très souvent dans les blogs, nous, nous sommes les Blancs, les Toubabs, les Nassara, les Chindelés, les Blancos. Il est vrai que nassara désigne les nazaréens, donc les chrétiens et toubabs les toubibs, en blouse blanche.

    Je me demande pourquoi les Africains peuvent nous désigner par notre couleur (ou son absence...) et nous n'aurions pas nous le droit de le faire. Les Arabes les désignent encore comme "captifs" en Mauritanie; ça, c'est désobligeant...

    Je trouve le billet de N'Doye sur l'Arabie saoudite particulièrement mal argumenté, au point de ne pas avoir envie d'en dire plus. Cela part de trop loin...

  • "Quant à "Clamor Album"... C'est bien trouvé"

    Ouais enfin, ça devrait être clamor albus, parce que clamor est du masculin...

  • Merci pour votre commentaire, Calendula.

    Visiblement la couleur de peau est un signe identitaire fort et revendiqué - en positif ou en négatif - par les personnes dont la couleur est foncée.
    Blanc, nous ne le sommes pas, mais la tradition nous désigne ainsi (face de craie, comme certains nous appellent). Et je me sens aussi légitimé à dire ma parole d'humain blanc, qui plus est mâle, qu'une personne à peau foncée à dire la sienne.

    "Black" est une astuce pour contourner le mot "noir". Mais ces noirs doivent-ils donc vivre avec un mot positif: black, alors que l'ombre cachée et négative du mot "noir" est juste derrière? Ne vaut-il pas mieux assumer les mots noirs, nègres, blacks, peu importe, avec la même fierté que l'on peut avoir de ses origines? Et puis, Nigra signifiant Noir, il n'y a pas de sens à l'éviter. On le fait par gentillesse, par respect, par crainte de blesser, par crainte d'être mal jugé, mais cette distinction est très arbitraire. Black = Nigra.

    Comme vous l'écrivez c'est le contexte qui détermine l'intention. Cela n'est pas exceptionnel. Le mot "porte" dans un texte est soit une partie de la maison, soit une déclinaison du verbe "porter". Je pense que ce contournement du mot Nègre - ou même Noir - est une manière de cultiver inconsciemment une posture de victime.

    Le fait que certains trouvent leur place: "... pourquoi certains semblent vivre leur vie de façon complètement épanouie et même jouir d'une position enviable dans le groupe de leurs pairs", montre que cela ne tient pas simplement à des conditions extérieures mais qu'il faudrait donner davantage de place aux Caractères, comme dans certaines littératures, car la politisation des comportements (anti-raciste, féministe, etc) est trop réductrice, sans pédagogie (ou avec la seule pédagogie de la sanction - ou de la stigmatisation comme le fait Gorgui avec moi dans son commentaire), pour proposer une vision.

    Trouver sa place... une quête pour des millions de blancs (ou clairs) comme de blacks, d'hommes comme de femmes.

  • @hommelibre,

    "Trouver sa place" - voilà la question !
    Lorsqu'on travaille avec des adolescents, on est sans cesse confronté à cette question, qui se pose de façon lancinante au plus grand nombre. Non seulement au présent, mais bien sûr à cause des projets de formation.
    (On peut prendre la question à une échelle plus grande, celle des migrations de populations, passées ou contemporaines.)
    Pour trouver sa place, il faut être très observateur et comprendre les forces en jeu, les alliances à passer, aussi modestes soient-elles. Beaucoup d'enfants ou ados le font spontanément, d'autres ont de la peine à comprendre les codes. L'intelligence a des facettes multiples et certains n'ont pas la maturité affective nécessaire pour s'en sortir.

    Pour en revenir au Cri et à sa couleur :
    En lisant le billet de Gorgui, j'ai cru comprendre que ce Cri s'adressait à ceux qui devaient prendre la décision d'envoyer ou non les 2100 soldats sénégalais au Yémen. Si j'ai bien lu, cette affaire implique le gouvernement d'Arabie Saoudite et le gouvernement du Sénégal, avec une référence au socle religieux commun. Cela ne concerne pas directement les Européens - ou alors j'ai mal interprété.
    J'ai pris ce cri pour le signal d'un ras-le-bol tout à fait légitime dans l'espace Sénégal-Arabie Saoudite-Yémen.
    La gestion des conflits en Afrique et au Moyen-Orient par les pays riverains ou directement concernés est illisible, vu de l'extérieur.
    Une béotienne comme moi ne peut comprendre, comment ces pays et leurs élites, peuvent rester (du moins en apparence), si indifférents. Il doit y avoir justement des alliances tellement subtiles qu'elles s'annulent, pour le plus grand mal des populations concernées.

    Si un Africain expose un problème réel concernant son pays ( et nous savons qu'il y en a !!!) je ne me sens pas directement visée. Cela ne me remet pas en cause ni personnellement, ni en tant que "blanche".
    Je ne peux pas me sentir responsable de ce qui arrive à présent, même si des gens de "ma couleur" ont, à un moment donné, mis en place des systèmes inqualifiables de toutes sortes, et continuent d'ailleurs à en profiter.
    Réfléchir en terme d'hérédité d'une culpabilité (ou de statut de victime)
    uniquement sur la base de la couleur de peau ou d'origine géographique ne peut permettre d'arriver à de bonnes solutions.
    Et imaginer que les Européens ( les Américains ou les Chinois) auraient les bonnes solutions pour l'Afrique d'aujourd'hui ?! J'espère que le "Cri Nègre" est le début d'une affirmation de soi , qui permette de se retrousser les manches et de commencer quelque chose de nouveau.

    Pour ne pas rester focalisé sur la couleur de peau, on peut faire un parallèle d'actualité avec l'Allemagne :
    Des crimes contre l'Humanité et des destructions massives ont été commis par des Allemands dans un passé pas très éloigné. Comment les Allemands nés après 1945 peuvent gérer cette mémoire ? Nous savons que c'est compliqué et que la communauté internationale a encore les yeux braqués sur la comptabilité de ce qui a été donné et ce que les Allemands ont payé. La Grèce réclame des dédommagements encore 70 ans plus tard, car l'Allemagne n'a pas payé son dû, semble-t-il.
    Les Allemands seront suspects encore longtemps, qu'il s'agisse des gagnants ou des perdants de l'économie et de la gouvernance de ce pays, qui compte lui-même beaucoup de pauvres.

    Je ne me sens pas suspecte, à priori, parce que je suis Européenne et je ne ressens pas le besoin de pousser de cri de ma couleur. A mes yeux, ce n'est pas la meilleure des façons d'empoigner les problèmes du présent.
    Vous avez souvent dit qu'en tant qu'homme blanc, vous avez l'impression de faire partie d'un groupe stigmatisé ou en passe de perdre sa place. Cela vous appartient et vous avez toute légitimité de l'exprimer, surtout qu'on est chez vous ici !
    Je profite de l'occasion pour redire combien cet espace m'intéresse, justement parce que je ne suis pas vraiment souvent d'accord, mais que je ne m'y sens pas agressée pour autant.

  • A Bayonne, il y a une gare de péage, une gare ferroviaire et le quartier correspondant qui s'appellent La Négresse. Apparemment, personne ne réclame que ça soit renommé. Et si on disait "tête de black" pour ces confiseries réputées racistes dont tout le monde raffole? Et quand les Chinois prendront-ils enfin le relais des blancs-roses au rayon de la culpabilité? Car à l'heure actuelle, ce sont bien eux qui sont en train de racketter l'Afrique, sans l'ombre d'un complexe.

    Ma petite réflexion sur le sujet:
    http://tiina-gva.blogspot.fr/2014/11/de-coloribus-non-est-disputandum.html

  • Et espérons que personne ne va réclamer la suppression de l'enseigne du restaurant "le Sauvage" à Semsales. Ou la destruction des armoiries d'une des familles de Rossinière représentées dans l'église, famille qui devait travailler dans le trafic triangulaire à l'époque où s'instituaient les baronnies du fromage.
    Ou purger les oeuvres de la littérature française. Ou jeter Tintin au pilon. Etc, etc...
    Notons que le vent tourne. Espérons juste que dans sa très grande sagesse, l'humanité ne nous refasse pas les années trente jusqu'au bout. Mais les provocateurs de gauche y travaillent très fort. Quelle solution quand ils auront réussi à faire entrer en Europe les dizaines de millions d'immigrés de leurs rêves ?

  • @hommelibre,

    Mon cerveau et ma mémoire ne sont plus ce qu'ils étaient, puisque j'ai oublié de faire un lien pourtant évident, concernant le "cri de l'homme blanc". Je savais que je n'étais pas vraiment inquiète, quant au tarissement de ce cri, mais je ne me souvenais plus pourquoi !

    Connaissez-vous ce choeur d'hommes finlandais qui ne chante pas, mais qui crie ?

    www.huutajat.org/

    C'est vraiment décoiffant :
    https://www.youtube.com/user/MieskuoroHuutajat

    Et ils ont beaucoup de succès :-)))

  • J'aime bien ce genre d'expérience musicale Calendula. Mais je n'irais peut-être pas écouter tout un concert.

    Les rugbymen de Nouvelle-Zélande ont de la concurrence!
    (:-€

    En écoutant je pense à certaines musiques militaires, très martelées. La voix masculine criée contient une forme de puissance et aussi de danger. (C'est probablement fait pour). La différence des caractéristiques sexuée apparaît encore ici.

  • @hommelibre,
    D'accord avec vous :difficile de s'imaginer écouter cela au-delà de 10 minutes.
    Ca se prête bien à une flash-mob ou à la proclamation de manifestes.

    Il y a bien sûr un travail sur la voix humaine et ses possibilité. On est à l'opposé du chant lyrique.

    C'est du 3ème, 4ème degré et je crois que les premiers étonnés du succès doivent être les inventeurs du concept. Je ne sais pas s'ils ont été imités quelque part dans le monde ....

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