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Faut-il cesser les divertissements pendant la guerre ?

Philippe Rebbot est un comédien et réalisateur français. Il a été le compagnon de Romane Bohringer avec qui il a tourné et eu deux enfants. Samedi 5 mars il était invité chez Laurent Ruquier pour faire la promo de son nouveau film qui sort le 19 mars.

 

rebbot-01.jpgPudeur...

La table où officiaient Salamé et Ruquier était décorée des couleurs de l’Ukraine. À un moment l’acteur a fait part de son questionnement:

« Est-ce que l’on doit faire des émissions de divertissements en pleine guerre? »

Il y a quelque chose de très humain, de naturellement humain derrière cette question. Personne ne se roule au sol de rire à côté d’une personne plongée dans une profonde tristesse après un décès ou une rupture. Encore moins quand c’est un ami.

Si les ukrainiens ne sont pas nos amis, ils sont des voisins de palier, du palier Europe. Donc on garde une pudeur – pudeur que l’on n’avait pas pendant la guerre des Balkans, mais bon... On ne se posait pas la question. 

Philippe Rebbot ajoute:

« … peut-être qu’il faudrait arrêter l’émission et descendre dans la rue. Et dire, on arrête... On arrête de déconner. Ce drapeau jaune et bleu, nous dit quelque chose qui fait que l’on ne peut pas rigoler pendant ce temps-là. »

 

rebbot-02.jpg... ou buzz

Je peux comprendre le trouble qui habite l’acteur, qui le fait se poser cette question. Mais je suis quand-même gêné. Rien ne l’empêchait de quitter l’émission et d’aller crier dans la rue. Rien même ne l’obligeait à y participer.

Cela ressemble à un coup de buzz ou un de gueule pour rien, ou à une bonne conscience pas chère acquise.

Il est resté, il avait une promo à assurer pour sa dernière comédie, un gentil divertissement. À ce jour le film n’est pas déprogrammé. Le divertissement est maintenu.

Et tant mieux. Si nous étions à Kiev nous n’irions pas rire au théâtre, d’évidence. Le danger est tel que l’humour a peu de place. Dès que nous sommes plus loin, là où la vie quotidienne continue, nous pouvons avoir le coeur plein de larmes pour tous ceux qui souffrent, mais nous pouvons aussi, quand-même, rire, sourire, rêver.

La suggestion de monsieur Rebbot n’a eu aucun effet, ni sur lui-même, ni sur l’émission à laquelle il était invité, ni sur une autre. Rire n’est pas se moquer d’eux là-bas, c’est seulement un moment pour soi ou entre amis. 

 

 

Catégories : Divers, Philosophie, société 5 commentaires

Commentaires

  • Je comprends la réaction de Rebbot. Il vient faire sa pub, certes. Mais il se retrouve devant ce drapeau ukrainien. Comment ne pas se questionner? Se demander pourquoi ce drapeau est là? Pourquoi devrait-il faire comme si de rien n'était? Finalement sommes-nous concernés ou pas? Si on ne se questionne pas, ce drapeau ne sert donc à rien. Nous ne serions donc pas concernés. Laissons faire alors....

  • Non en aucun cas : les divertissements ne doivent pas disparaître, bien au contraire !
    La vie doit continuer : ma mère me racontait qu'elle allait voir son père arbitrer des matchs de football à 100 m. de la frontière en 1939 à Bâle ! Elle allait aussi au théâtre et au cinéma.

  • Possible qu'il ait été incité par les couleurs sur le plateau.
    Je n'en suis cependant pas sûr. Je suis moins compréhensif que vous. Je pars du principe que le thème de l'émission (où l'Ukraine était annoncée) est connu des invités à l'avance. Il ne peut être surpris et pris au dépourvu.

    Je pense alors qu'il a préparé sa phrase, comme beaucoup d'invités télé qui veulent faire le buzz. Tout son corps est d'ailleurs calme quand il dit cela, alors que spontanément il aurait pu se lever ou bouger vivement. Mais il ne fait rien et il n'a rien fait ensuite. Pour moi la question est dès lors "esthétique".

    Je me trompe peut-être mais je pense que c'était préparé.

  • Les artistes, les vedettes, les peoples sont souvent interrogés sur des sujets qu'ils ne maîtrisent pas forcément. Alors ils se croient obligés de donner leur avis qui n'est autre qu'une position majoritaire, celle qui domine dans les médias. On comprend qu'ils n'aient pas envie de fâcher leur public. Dans le cas de l'Ukraine, même une position neutre ne serait pas comprise car il y a un consensus sur la condamnation de Poutine et l'aide militaire à apporter aux Ukrainiens. Il est donc préférable de se situer "du bon côté" et surtout éviter d'entrer dans les détails, éviter d'aborder les causes susceptibles de nuancer cette condamnation qui évacue certaines responsabilités. On aimerait pourtant que ces personnes fassent preuve d'un peu de courage, de temps en temps.

  • Mais la guerre est un divertissement pour nos gouvernements, je viens de lire un petit article qui nous explique que la France a vendu une grande quantité d'armes à la Russie entre 2015 et 2020!!! Les armes sont faites pour la guerre pas pour la paix!

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