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France: les effets collatéraux des européennes

Nous avons vu la précipitation avec laquelle Manuel Valls a répliqué au désastre socialiste. Et comment, après quelques paroles de belle langue de bois il promet de tout continuer comme avant.

france,européennes,valls,hollande,copé,emploi,Nous l’avons vu également avec François Hollande. On pourrait prendre cela pour de la vertu: «Nous ne plions pas selon les circonstances». L’image du capitaine qui tient le cap dans la tempête est en principe positive et valorisante. C’est le message que le chef de l’Etat a voulu transmettre. Sauf que, illisible depuis deux ans, on ne sait pas mieux où il va. La posture rigide n’est pas en soi une ligne politique.

Aucune réflexion, aucune analyse approfondie: trois petits tours et puis s’en vont.

Mais ils ne sont pas les seuls à toucher le fond de l’insignifiance. Jean-François Copé tient aussi le pompon. On apprenait hier qu’il démissionnait de la présidence de l’UMP. Pas seulement à cause de l’affaire Bigmalyon, mais aussi pour son incompétence à mener une campagne offensive et attractive pour les élections de dimanche (bien que cela ne soit pas dit ouvertement).

Dans la journée, les conditions de sa démission fuitaient. Il y a eu une réunion dans un bureau de l’Assemblée Nationale. Pendant plus de deux heures Copé a résisté à ses collègues de la direction de l’UMP.

«Nathalie Kosciusko-Morizet, (qui) dénonce le "comportement clanique" du président de l'UMP. "Tu as servi tes amis, ça se retourne contre toi !", assène l'ancienne ministre et candidate à la mairie de Paris qui finit par mettre les pieds dans le plat et demande à Jean-François Copé de partir.»

Pour les autres c’est le même tabac.


Aujourd’hui on apprend que François Bayrou n’est pas opposé à une plate-forme commune avec l’UMP. En 2012 il flirtait avec le PS. Aujourd’hui, les chiffres de dimanche lui inspirent un changement de camp très logique mais aussi très opportuniste. Tente-t-il de se reprofiler pour 2017, comme homme providentiel d’une droite désorientée?

Les européennes ont comme effet collatéral une clarification forcée à droite. A gauche, rien ne se passera. La surdité est trop grande. Hollande a pourtant reçu des conseils. Cet autre extrait de l’article de l’Express de Christophe Barbier que je mentionnais hier a de quoi relancer les idées d’un gouvernement pétrifié. Mais cela implique de reconnaître que le socialisme français, ou l’étatisme redistributeur, ne marche pas. Car il s’agit ni plus ni moins que de créer un électrochoc par une politique encore plus libérale. Libérale, mais nécessaire:



- faire sauter les seuils sociaux qui bloquent les embauches et le développement des PME : tant qu'il y a plus de 1 million de chômeurs, aucune contrainte ne doit être liée à l'engagement du 10e ou du 50e salarié ;

- forcer à la reprise d'emploi en durcissant le régime des allocations chômage;

- défiscaliser les emplois à domicile ;

- provoquer un choc fiscal à l'envers en instaurant la retenue à la source au 1er janvier 2015, sur les revenus de 2015 - ceux de 2014, jamais imposés, seront ainsi investis ou consommés ;

- instaurer un strict protocole d'intégration républicaine pour tous les immigrés qui désirent se fixer en France;

- confier l'enseignement technique aux conseils régionaux, rédaction des programmes et gestion des profs compris.



Il ne s’agit pas de déconstruire le volet social de l’Etat, indispensable dans une société moderne. Mais il faut bien réaliser que sans argent dans les caisses, il n’y a aucune politique sociale possible. Il faut donc tout faire pour relancer l’emploi productif et modifier structurellement le pays. Or les engagements de Valls et de Hollande sont beaucoup trop timides pour atteindre cet objectif.


Catégories : Politique 1 commentaire

Commentaires

  • La France roulée dans la farine.

    L'Europe et ses dirigeants sont ensemble vieillissants. Ils vivent leur histoire en rétrospective et ne songent pas à porter le regard devant eux ni au-dessus d'eux à la ronde. Il n'a pas été difficile de les emprisonner en les pliant sur eux-même.
    Seule l'Allemagne - proche voisine des ex-républiques de l'Est - est en train de se mettre à jour avec les nouvelles donnes mondiales et s'annexer économiquement à ces républiques de manière pantouflée. Ces républiques, encore bien médiévales dans leur mentalité et dans leurs réflexes, lui sont proches à un jet de pierre avec une proximité linguistique qui facilitera son futur exercice d'influence et sa gestion des investissements industriels.

    J'avais évoqué une l'Ukraine qui aurait pu devenir un "Singapour" pour l'Europe. L'élite Allemande devait certainement y songer tout comme Poutine, d'où la dispute dans des "non dits" qui avait mêlé l'UE, en guise d'outils pratique et les USA qui, pour son coup de poing décisif, en attendait une importante commission sur le contrat de réussite, réalisant un jalon de plusdans l'encerclement de la Russie.
    Bien qu'il lui soit interdit d'initier une invasion, l'Allemagne s'était rendues aux bonnes adresses sans bouger de chez elle et a su manœuvrer pour que des intermédiaires (proxis) accomplissent toutes les besognes à sa place.

    Dans cette triste saga, La France zélée s'était ingérée dans une région qui n'était pas la sienne, s'en était grillé les ailes et avait involontairement et gratuitement renforcé le leadership de l'Allemagne sur le continent. et en cela elle a bien essuyé des effets collatéraux politiques dans une mise en scène où, en voulant être visible à tout prix sur le devant, s'était exhibée comme une marionnette baroque dans ses incohérences et contradictions. Cynisme en prime.
    Poutine, en souffleur au bon cœur lui avait tendu la main plusieurs fois, mais Hollande, le Petit Président un peu myope, n'avait pas compris. Son Ministre faisait écran trop occultant avec ses crises verbales.

    Les modestes français étaient surpris par les prestations bizarres de leur Président et de leur Ministre borné des Affaires Etrangères. Les Français avaient de quoi en être affligés. Leur réaction bleu-marine était surtout un instant d'espoir et d'optimisme. C'est ainsi qu'il faut, je crois, comprendre leur vote.

    Incohérence en est que l'establishment honnit l'extrême droite qu'il l'a toujours taxée de "facho" alors que lui-même allait, de ses gesticulations justifier et légitimer l'installation d'un junte fasciste à Kiev. Les images et les témoignages de pogroms et d'assassinats de civils leur étant parvenus en même temps que les continus mensonges officiels, avaient sérieusement entamé la confiance des Français vis-à-vis de leur gouvernement socialiste en exercice.
    Alors, ne nous demandons pas à quoi est dû le si bon score du Front National.

    Marine Le Pen apparait, par contraste, presque comme une Jeanne d'Arc Provodentielle. D'ailleurs, en politicienne avisée, Marine a toujours évité les formulations de simple humeur, tout ce qui pourrait s'assimiler à la réaction, pour concentrer ses attaques sur les fautes et les failles des institutions et de l'élite dirigeante. Elle a joué le registre purement politique. C'est une femme intelligente et alerte. On peut ne pas l'aimer, mais il faut reconnaître que c'est une politicienne redoutable.

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