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Nouvel hymne national : le sentimentalisme religieux du Politbüro

Il paraît que la nouvelle strophe de notre hymne national ne fait pas recette. Il faut dire que le texte est, comment dire… un peu fouloque. Déconcertant résultat d’un concours demandé par personne. Sauf par la Société Suisse d’Utilité Publique.

suisse,hymne national,Une société qui paie pour vendre « son » hymne. 600’000 CHF depuis deux ans, comme l’indique la RTS, qui titre pudiquement: « Les nouvelles paroles de l’hymne national suisse peinent à s’imposer. »

Peinent à s’imposer: c’est un noeud fait misme!… Ce ne sont d’ailleurs pas les paroles qui peinent à s’imposer: ce sont leurs promoteurs qui peinent à les imposer à toute la Suisse. Pour nous mettre le bourdon voyons un peu ces paroles:

« Sur fond rouge la croix blanche, 

symbole de notre alliance, 

signe de paix et d’indépendance. »

suisse,hymne national,Le décor est placé. Adieu l’aube sur les montagnes, le ciel, la terre, et l’homme debout. On change de registre. Ce doit être ça, la modernité: dit comme ça, ce fond rouge à croix blanche fait penser à un dispositif de meeting, une banderole de manif, un fond de scène d’un parti politique.

Dans un hymne, qui doit en quelques mots rappeler qu’il concerne un peuple, le mot symbole n’a pas lieu d’être. On peut le suggérer, pas le dire: c’est trop abstrait et technique. Mais trop d’intellos modernes ne savent plus suggérer: ils confondent mode d’emploi et poésie. Ils n’ont plus le sens de la belle écriture. Ils sont déculturés.

Après le côté réunion politique, que l’ex URSS n’aurait pas renié, on passe au sentimentalisme religieux – ou au manifeste LGBTetc, à choix:

« Ouvrons notre cœur à l’équité 

et respectons nos diversités. »

suisse,hymne national,Ah, l’appel au coeur! Certes l’hymne réel parle aussi des coeurs, mais comme d’un constat (Les accents émus d'un coeur pieux), pas comme d’une injonction. C’est très différent.

Ah, la forme impérative! Çà c’est une injonction, presque un ordre. Cet impératif est particulièrement malvenu. Il laisse à penser que nous ne le ferions pas encore et qu’il faudrait s’y mettre (sans quoi le texte serait à l’indicatif présent: Nous ouvrons notre coeur… nous respectons…).

Or les Suisses sont ouverts à l’équité et pratiquent la diversité depuis très longtemps. Ils n’ont pas attendu un parolier post-communiste pour cela. Un coup pour rien: un hymne est un rappel ou une célébration, pas une leçon de morale. C’est toute la différence entre un passé ouvert et fondé sur la personne humaine, et un présent fondé sur l'idéologie,  volontariste, autoritaire malgré les apparences, et fermé.

Enfin, pour qui n’a pas compris:

« A chacun la liberté 

dans la solidarité. »

En ajoutant une ou deux illustrations du siècle passé, on y est. Et dire que quelques communes l’ont entonné…

Le nouveau couplet de l’hymne national: non merci, ce sera sans moi.

 

 

 

Catégories : Histoire, Politique 17 commentaires

Commentaires

  • Merci pour ce billet, si nécessaire. Et c'est à un ex-Belge qu'on le doit ! Ceux qui sont toujours restés sur place dans un pays ne devraient peut-être pas avoir le droit de vote.

  • A lire Géo, je me rends compte que ce que vous avez écrit, avec les exemples que vous avez donnés, est vrai.
    Sentimentalité au goût du jour avec paroles dignes d'un feuilleton pour midinettes.

  • Vous trouve tous bien sévères pour un texte certes pas baudelairien, ni rimbaldien, mais Mallarmé, qui fréquentait les courses, n'aurait pas désavoué cet hommage appuyé à la race chevaline :

    "Ouvrons nos coeurs à l'équidé..."

  • C'est sûr que l'esprit suisse besogneux n'est pas toujours inspiré d'envolée lyrique spontanée et géniale.
    Parfois il y a du génie bien involontaire tel que la mémorable allocution sur le rire de Schneider Ammann. Le génie suisse à l'état pur ! Une sorte d'art brute.
    La mise en concours de nouvelles paroles de l'hymne national aurait du se faire sur le mode match d'improvisation. Là on aurait pu espérer quelques traits lumineux.

  • Bon, d'accord, si c'est un maréchal ferrant qui l'a écrit, c'est pas mal.

  • Gislebert:

    n'êtes-vous pas un peu à cheval sur l'équidé? Enfin, je dis ça...

    :-DD

  • Vaut- mieux être à cheval sur l'équidé, qu'en missionnaire sur l'équité ...

  • :-DD

    ......

  • Le choeur qui chante l'hymne de la SSUP est un modèle de diversité! (second degré...). Il y a deux visages plutôt du sud ou de l'est, et une écrasante présence et homogénéité de visages très blancs,. Et chez les filles, majoritairement des très blondes, chez les garçons majoritairement des bruns. La diversité cède la pas à l'image médiatique et au choix du recruteur ou de la recruteuse.

  • Le clip est en haut à droite. Très joli par ailleurs, et de belles voix touchantes. Je me serais presque laissé prendre vers la fin, avec ce "Paix et liberté" à quoi je reconnais une force évocatrice, mais le coup de poing final du drapeau m'a réveillé... 8-O

  • Si j'admets éventuellement la fin, "Paix et liberté", comme image fondamentale de la Suisse, alors ce qui précède est trop politique et affaiblit ce final.

    Pour l'image du drapeau, la volonté de l'envoyer sans transition est agressif et autoritaire. Au moins un fondu-enchaîné, vers un drapeau en mouvement ralenti, précédé d'une image d'un corps d'entraide suisse sur un terrain où nous serions actifs.

  • Je continue ma réflexion. Je me demande comment la forme impérative a pu trouver place dans ce texte, et être choisi par une fraction du public. Pour moi l'impératif n'est pas dans la mentalité politique suisse. C'est plus français, et la Marseillaise en contient. Alors en Suisse, d'où vient cette influence? D'un parti qui aurait fait voter massivement pour un des projets en concours? D'une époque?

  • Hors sujet, mais sur quel blog le formuler ?

    Il semble que M'sieur Mabut ou son suppléant aient décidé de saborder deux blogs (Maendly et Jelmini)...Peut-être aurons-nous le privilège d'une explication ou allons-nous rester comme les clients de la SNCF en rade sans infos sur les quais de gare les jours de grève ?

  • Complément d'information capital:

    Les vraies questions à se poser sont les suivantes:

    1) Qui se cache vraiment derrière cette société "Société suisse d’utilité publique" (SSUP) et peut se permettre d'avancer des fonds de CHF 600.000 ou plus pour nous imposer ce nouvel hymne?

    2) Dans quel intérêt ces gens sont-ils prêts à dépenser une telle somme? Quelle est raison profonde de tout cela?

    les réponse à ces questions sont assez faciles à trouver s'y on prend le temps de faire quelques recherches, mais JAMAIS nos "grands journalistes d'investigation" de la RTS, du Matin ou de la TdG ne vous le diront.

    Il suffit de voir le CV du président (à ne pas confondre avec le directeur qui dépend de lui) de la Société suisse d’utilité publique SSUP pour comprendre:

    Le président de la SSUP, à savoir Monsieur Jean-Daniel Gerber:

    -a représenté la Suisse auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce.

    -Il a, par la suite, pris la tête du Service de l’économie et des finances.

    -Il a occupé le poste de directeur exécutif et de doyen au Conseil de la Banque mondiale (1993 – 1997).

    -En novembre 1997, Jean-Daniel Gerber a été appelé à diriger l’Office fédéral des migrations.

    -Enfin, en 2004, il a été nommé Secrétaire d’Etat et Directeur du SECO (Secrétariat d’Etat à l’économie) qu’il a conduit jusqu’en 2011.

    -Il est aussi président de l'association Swiss Sustainable Finance.

    Tout est là:

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Daniel_Gerber

    Ce n'est donc rien que moins qu'un ancien directeur de la ban que mondiale et de l'Office des mig rations qui préside cette association.

    Dès lors tout devient plus clair. Ce monsieur ne fait que représenter et soutenir l'intéret du grand ca pital, les mon dialistes qui ne veulent plus de fron tières, plus de nat ions, mais le libre échange à outr ance et toujours plus de mig rants.

    La raison de ce nouvel hymne est donc la suivante:

    Il faut nous rendre compatibles à l'UE et au mond ialisme et à l'acceuil de tous les mi grants de la terre voulu par les él ites autoproclamées pour que petit à petit notre culture se dissolve dans la grande tambouille qu'ils nous préparent où nous n'aurons plus de pouvoir démocratique et tous la même religion et la même culture: celle de la consommation et du grand mélange.

    Doù les paroles:

    « Ouvrons notre cœur à l’équité et respectons NOS DIVERSITÉS. »


    De plus désormais et pour les mêmes raisons cachées, on veut aussi nous faire changer la date de la fête nationale:

    https://www.lematin.ch/suisse/c-date-1er-aout-quil-faut-changer/story/23835523

    Voilà, tout est dit, mais vous ne trouverez ça nulle part.

    Ça ferait un sacré sujet de post: Monsieur Goetelen et on compte sur vous pour en faire un comme suite à celui que vous venez d'écrire! Les gens méritent de savoir.

    De plus si vous consulter la page Wiki de la SSUP, vous verrez que la première phrase nous apprend QUE:

    La Société suisse d’utilité publique ou SSUP1 (Schweizerische Gemeinnützige Gesellschaft ou SGG) encourage IDEOLOGIQUEMENT et concrètement les activités d’utilité publique et de bienfaisance en Suisse.

    En complément je recommande cette vidéo:

    https://www.youtube.com/watch?v=FyX4F7y2RFM

  • Moi aussi, Gislebert, j'aimerais bien connaître les raisons qui ont amené la fermeture de mon blog..
    Pour information, voici le texte d'un courriel que j'ai envoyé hier peu avant minuit:

    "Monsieur le responsable de la plateforme des blogs hébergés par la Tribune de Genève,

    Je note avec satisfaction que le blog de M. Norbert Maendly, avec toutes les insanités et les atteintes à mon honneur signées Corto qu'il contenait, a finalement été fermé. Il était temps.

    Les dernières "facéties" de Corto à mon encontre auront été de me traiter de "pauvre type" et de publier cinq commentaires sous le pseudonyme évocateur de Maria Djelmina, destiné une fois de plus à me railler. J'ai heureusement pris la précaution d'effectuer des captures d'écran fort complètes (inclus mes deux réactions de ce jour aux commentaires de Corto) et je ne vais pas manquer de les transmettre au Procureur du Nord vaudois dans le cadre d'une plainte complémentaire à celle que je lui ai déjà adressée le 30 juillet.

    Par contre je vous félicite beaucoup moins d'avoir fermé mon blog en cette fin d'après-midi, et cela sans le moindre mot d'explication. Ces explications, je présume que vous allez me les faire parvenir demain par email. Quoiqu'il en soit, je vous invite d'ores et déjà à procéder dans les meilleurs délais à la réouverture mon blog et à publier le billet que je vous ai fait parvenir ce jour à 14:55 sous le titre «Monsieur le Directeur».

    Si les choses ne sont pas rentrées dans l'ordre d'ici mercredi 8 août à 18h00, je me verrai obligé de soumettre le cas à M. Daniel Cornu, médiateur des publications Tamedia Publications romandes SA.

    Dans l'attente de vos prochaines nouvelles je vous présente, Monsieur le responsable de la plateforme des blogs hébergés par la Tribune de Genève, mes salutations respectueuses."

  • Buongiorno à tutti,

    Je fais passer l’info sur la fermeture du blog de Mario Jelmini.

    Je ne veux cependant pas ouvrir ici le débat sur ce sujet. Je pense qu’il faut s’adresser à M. Mabut, via son blog, ou attendre que MJ ait reçu réponse.

    MJ a pris à partie le plus pestilentiel des intervenants sur ces blogs, et je ne saurais le lui reprocher sur le fond. Mais à mon avis quand il y a trop d’attaques personnelles, quand les gens sont cités nommément de manière peu amène, un blog devient autre chose qu’une participation personnelle aux débats de société.

    En l’état, et sans plus d’infos précises et pertinentes, je ne passerai pas d’autres commentaires.

  • Un très vif merci pour cette analyse très panoramique qui explique bien les différentes forces en jeu.
    Il est temps qu'on cesse de s'appuyer sur un concept ou une certaine longueur d'onde en cours pour en faire un tout.

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