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Valérie Pécresse : courroucée, angélique et sexiste

Le meeting de Valérie Pécresse dimanche à Paris montre qu’elle a pris quelques conseils de coaching et de pose de la voix. Elle joue au pitbull puis prend des sourires d’ange. Elle a tendance à faire chuter le ton comme une personne déçue.

 

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Même la mise en scène est narcissique. Sur scène derrière elle deux rangs de jeunes personnes en blanc, tels des angelots de service. Le discours a quelques bonnes frappes en particulier sur Macron. Mais on sent que l’incarnation n’est pas son truc. Il lui manque toujours ce quelque chose, des tripes, qui la rendrait crédible. Elle n’est toujours pas une bonne comédienne.

Elle fait ce qu’elle peut. Elle manque quand-même de voix. Sur la vidéo ci-dessous vers 23’’ on voit qu’après une harangue appuyée elle passe au sourire angélique. Elle réussit ce tour de force: engueuler le monde puis immédiatement sourire comme une bonne élève. Elle se mord même la lèvre, semblant dire: « Houlala, j’ai osé! » Elle est centrée sur elle. Elle ne sort pas d’elle-même.

J’ai regardé un bout du direct de dimanche. Elle refait le coup du sourire angélique après chaque envolée de courroux. Cela désamorce ce qui devrait être une saine colère citoyenne que l’on attend dans la durée. Attention: elle veut préserver son image, garder son joli visage sous sa blondeur hypnotisante.

Mais on sent bien qu’il lui manque une vraie combativité. Je pense qu’elle a pris des options erronées.

À défaut elle a osé entamer le thème qu’il ne fallait pas, qui la réduit à un vague clone de Ségoléne Royal: son sexe. Elle a dit haut et fort qu’elle serait aux côtés des femmes! Ah la belle identité, comme s’il fallait une identité légitimante plus qu’une autre.

« Valérie Pécresse a laissé entendre qu’en cas de victoire, ce succès devrait «changer les choses pour toutes les femmes de France». «Leur parole sera entendue, leur droit sera défendu, je serai toujours aux côtés des victimes oubliées». »


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Que l’on défende les victimes, c’est bien. Mais alors toutes les victimes. Et toutes les femmes ne sont pas victimes, ou alors elles ont un problème.

Les victimes hommes aussi (30% à 50% des victimes de violence conjugale selon les pays) doivent être entendus et défendus. En fait les politiques s’en foutent. Elle aussi. Elle ne veut pas encourir les foudres des dominantes féministes. C’est la femme qui rapporte, des voix, de l’affection, de l’argent en subventions, etc.

Pour moi cette déclaration partiale de Valérie Pécresse est une faute. Elle est déclassée et je pense que personne ne la regrettera quand elle repliera, confite, son petit minois de fille soumise qui joue sans succès à prendre une voix plus grosse que celle du bœuf.

La féministe évolutionniste Peggy Sastre n’a pas apprécié. Elle considère cela comme du marketing identitaire. Extrait de cette interview publiée par Contrepoints:

« Jouer sur son identité, c’est avouer qu’on n’a pas de personnalité, pas d’idées, pas de projet. On me reproche souvent mon approche psychologisante de la politique, mais le tempérament dit quelque chose de la personne, c’est un élément qui permet d’estimer, d’augurer, le genre de décisions qu’elle pourra prendre dans un contexte donné, etc. On peut s’en servir pour évaluer ses éventuelles trajectoires, se dire qu’il la fera plutôt aller dans tel sens et pas dans l’autre, etc.


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Mais l’identité ? Que dalle, ça ne dit absolument rien, en premier lieu parce qu’on ne peut pas inférer une réalité individuelle de données statistiques – ce qui vaut, de manière probabiliste, au niveau d’un groupe, ne vaut pas au niveau d’un individu. Et même, comment revendiquer quelque chose qu’on n’a pas choisi et donc sur lequel on a, par définition, aucun mérite ? Je pourrais être électrice de Pécresse, comme j’aurais pu voter pour Ségolène Royal en 2007, mais le marketing identitaire me révulse. À l’époque, que Royal ait mis en avant son sexe, qu’elle était une maman, etc., ont été parmi les gros arguments qui m’ont fait ne pas voter pour elle.

Pareil avec Pécresse aujourd’hui. En ce qui me concerne, elle vient de perdre beaucoup de places dans ma short-list. Et c’est comique que Pécresse se réclame de Margaret Thatcher, parce qu’elle n’aurait pas eu un penny de patience pour ce genre d’arguments. Imaginez qu’un homme politique fasse pareil ? « Je suis un gros mec, j’ai les couilles qui pendent et les cheveux qui tombent, voilà pourquoi je serai le meilleur pour diriger ce pays ». Tout le monde d’à peu près sensé fuirait. Je ne suis pas sexiste, j’accorde donc le même traitement à une femme. »

What else?

 


 

 

 

Catégories : Féminisme, Politique, société 6 commentaires

Commentaires

  • "Elle est centrée sur elle. Elle ne sort pas d’elle-même." C'est bien probable!

    Valérie Pécresse est le genre de femme à jouer de ses beaux yeux. Joli sourire, inclinaison de la tête et clignements paupières. C'est calculé pour déstabiliser. Avec des hommes ça doit très bien fonctionner.

  • Elle avait pourtant beaucoup pour elle.
    Mais elle n'imprime pas sa personnalité. Sa "grosse voix" est peu audible. Mélenchon est bien meilleur dans ce registre d'imprécations. Elle ne sort pas du lot. Elle ne suscite pas d'enthousiasme. C'est bien qu'il y a eu erreur quelque part.

  • Ce qui a flingué sa candidature c'est sont meeting complètement raté où elle récitait des phrases comme un pantin. Elle est clairement dans l'ombre de Macron. C'est une centriste qui croit être de droite. Là où Macron est un type de droite libérale qui joue au centriste.

  • Homme-libre a mis le doigt sur un aspect démagogique de la candidate. Ce n'est pas rien. Elle cherche, comme Ségolène en son temps, à afficher son féminisme. On sait ce que cela signifie : un ministère de la femme destiné à obtenir des passe-droits pour les femmes, des subventions uniquement aux associations féministes, un discours sexiste permanent, à l'école, dans les institutions, les médias, visant à victimiser la femme et diaboliser l'homme. Nous subissons depuis longtemps cette propagande féministe, en particulier à l'occasion de la journée de la femme. Par contre, rien pour les hommes, même pas pour la journée internationale de l'homme. Ce néo-féminisme est un sexisme anti-homme, une misandrie institutionnalisée par nos hommes politiques. Je ne comprends même pas que des hommes s'y associent et se laissent stigmatiser sans réagir. Inutile de préciser pour qui je ne voterai pas ! Pardonnez-moi, mais je suis pas un adepte de Jésus-Christ.. Quand je reçois une gifle sur la joue droite, je ne tends pas la gauche.

  • Le sexisme anti-hommes est la règle en politique de nos jours. Y'a toujours trop d'hommes ici, pas assez de femmes là, on n'en fait jamais assez pour les femmes, etc. Si l'homme est vieux (âgisme), hétéro (hétérophobie) et blanc (racisme), c'est évidemment une proie encore plus savoureuse et vulnérable.

    Pourtant, mine de rien, les femmes, sont en quelque sorte la seule minorité pour lesquelles on fait des choses, en oubliant que: des hommes souffrent, se sacrifient pour les leurs, beaucoup, et que d'autre part beaucoup de femmes tirent très bien leur épingle du jeu et ne pensent qu'à elles.

  • Ce qui est terrible, c'est que la majorité des Français voudrait virer Macron; mais qu'in fine elle le reprendra pour 5 ans.

    Tout ça parce que dans les "chapelles" on les yeux plus gros que le ventre...

    C'est comme au casino, où les adicts misent tout sur le zéro en rêvant de Jacques Pote, plutôt que de se la jouer modeste avec les chances simples pour éviter de se faire plumer.

    Si l'ultra-droite s'était entendue avec la belle blonde, l'élimination de Macron aurait été assurée au moins à 90%

    Et contrairement à ce que disent certains, en situation, elle ne pourrait pas faire du Macron Bis, sans se faire taper méchamment sur les doigts.

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