Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

“Gang des Barbares”: réflexions et questions de société

Sans vouloir redoubler le billet de Pierre Emerach, je reprends aussi ce sujet qui pose des questions dans plusieurs directions.

fofana.jpgL’aspect antisémite est déjà largement évoqué ailleurs. Cet aspect est ambigu. Certes le choix de la victime est lié à sa confession, puisque les auteurs du rapt l’ont choisi selon le réflexe de pensée suivant: “Il est juif, donc sa famille a de l’argent, les juifs bouffent l’argent de l’Etat, et si sa famille n’a rien sa communauté paiera”. Il y a bien un fond antisémite. Mais en même temps on n’est pas devant un crime idéologique véritablement anti-sémite. Il s’agit plutôt d0’un cliché largement partagé par une grande partie de la population.

Le verdict sera instructif sur ce point. Il s’agit de dire si un cliché sur une population est déjà assimilable à du racisme. Auquel cas, dire des africains qu’ils ont de grands sexes, des chinois qu’ils n’expriment pas leur émotions, des américains qu’ils bouffent mal, des suisses qu’ils sont tous des banquiers, deviendrait condamnable comme des formes atténuées de discrimination. Toute généralité deviendrait une discrimination. Un homme affirmant qu’il veut à tout prix une femme jolie, une femme cherchant exclusivement un homme fort, font aussi une sorte de discrimination.

Bien sûr je pousse le bouchon. Dans les exemples que je cite il n’est pas question de race ou de religion. Mais dans quelle mesure faire une généralité sur les juifs en disant qu’ils sont riches est une discrimination? La question est posée. Nous verrons comment le tribunal chargé du procès y répondra.

Par ailleurs cette affaire pose le problème de la soumission d’un groupe de gens à une autorité, celle de Fofana. La soumission à l’autorité a été largement cultivée dans toutes les cultures et civilisations. Les sociétés en donnent donc l’exemple. Les jeunes embarqués dans cette affaire n’ont fait que suivre les injonctions du chef. Jusqu’où sont-ils responsables?

Pour ma part, quel que soit le modèle d’identité de groupe, tous les complices ont choisi de suivre. Certains ont eu un retour de conscience avant la mort de Ilan et se sont désolidarisés. Bien. mais ils ont acceptés au début de commettre un crime. Ils sont donc eux aussi responsables.

Toutefois cela pose d’autres questions: jusqu’où les soldats sont-ils responsables si leur chef leur donne des ordres inhumains? La situation est différente car ils n’ont peut-être pas d’autre choix. L’insubordination peut entraîner la Cour martiale.

Mais alors, où se place la conscience individuelle du bien et du mal dans ce cas? L’obéissance doit-elle amener le soumis à agir contre ses valeurs les plus essentielles, contre sa conscience?

Dans cette affaire, c’est bien aussi le rapport à l’autorité qui est posé. Cela rappelle l’expérience d’électrocution commandée par un maître de recherche, séquence relatée dans le film “I comme Icare”, et dont j’ai fait un billet il y a quelques temps.

En tout état de cause, l’indépendance d’esprit et le respect de soi-même restent des valeurs très importantes dans l’éducation.

N’est-ce pas un objectif des sociétés démocratiques et non barbares que chacun soit maître se sa vie et de sa conscience?

 

7-1LybieJoke.jpg

Catégories : société 1 commentaire

Commentaires

  • tout ce que tu dis est vrai.
    le probleme est autre,ces cliches dont tu parles et qui en partie sont vraiment ancrees chez une grande partie des gens, ont-t-ils engendreesdes tortures et un meutre comme dans le cas d'ILAN?
    Les progroms de juifs en Russie et en Pologne et l'holocauste ont ete en grande partie causes par cette idee que les juifs sont tous riches.

Les commentaires sont fermés.