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Sexualité: l’escargot est l’avenir de l’Homme

Blague à part mon billet d’hier sur les escargots de mer m’est resté dans la tête. Cette histoire de femelles escargots qui fabriquent une odeur de mâle pour dérouter leurs prétendants et se soustraire à leur vigueur copulatrice me laisse songeur. L'asymétrie des relations est un sujet inépuisable et mystérieux.

Escargots6-a19305982.jpgD’abord, bravo! Bravo les filles. Vous êtes douées. Quand-même, repérer l’odeur du mâle, savoir que c’est l’odeur du mâle, et la fabriquer en synthétisant je ne sais quel ensemble de molécules, bigre, quel talent! Cela pourrait donner des idées à nos chères soeurs humaines: utiliser des déodorants de mecs comme parfum. Avec moi l’effet répulsif est garanti, vu l’odeur envahissante et collante de ces armes de destruction massive olfactive.

Mais que suggère cette situation: les mâles qui cherchent, les femelles qui fuient? Ben, cela suggère nous, les humains humanoïdes, et cette fichue asymétrie du désir. Classiquement, les hommes font leur cour, demandent en mariage, cherchent à faire crac-crac, et les femmes les regardent faire, font attendre ou se disent que ces gros cochons feraient mieux de prendre du bromure, substance licite qui, comme on le sait, n’est pas prévue pour mettre du fun dans les galipettes. Au contraire même.

Alors, déjà il y a une asymétrie de taille et de muscles. Hé oui, globalement les hommes sont plus grands que les femmes. Ça, je n’ai pas encore trouvé d’explication, et c’est franchement sexiste de la part du créateur, s’il existe. Car avec leur tête de plus, les hommes se prennent systématiquement les branches basses des arbres dans la figure et deviennent la risée de leur compagnes. Et quand ils développent leurs biceps pour terrasser lions et dragons, elles leurs disent, oh suprême déchéance, qu’ils n’ont qu’ont petit pois dans  la tête. Certains prétendent que la plus grande taille, ajoutée à la masse musculaire plus importante, servirait historiquement à protéger les femelles contre les bêtes sauvages, la concupiscence des autres mâles et accessoirement à leur faire de l’ombre en été à une époque où l’on n’avait pas encore de parasol. Mais cette explication est méchamment paternaliste et entretient l’idée d’une femme plus faible qui a besoin de l’homme. Or on sait depuis le 20e siècle et l’invention géniale du parasol que les femmes n’ont pas besoin des hommes et que toute idée différente n’est que l’expression d’un sexisme éhonté!
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Bon, asymétrie donc. Inexplicable puisque la théorie du protecteur n’est qu’un résidu d’une vision forcément dominatrice mise en place par les hommes à leur seul profit.

Petite parenthèse: chacun-e devrait savoir cela depuis le temps que Bourdieu et ses soeurs enfoncent le clou de la supposée domination masculine (il y en a qui n’écoutent décidément rien, à moins qu’ils-elles soient allergiques aux coups de marteau).

Ensuite il y a cette asymétrie des organes sexuels. On n’aurait pas pu faire des engins identiques, comme les escargots justement, où chacun a les deux rôles? Parce que, franchement, c’est génial les escargots: ET mâle ET femelle. Cela me plaît, moi qui travaille sur une philosophie qui n’exclut pas (je ne suis pas OU/OU) mais qui ouvre et inclut (je suis ET/ET). Pourvoir connaître l’orgasme du mâle ET celui de la femelle dans son corps, c’est total.

Côté potentiel d’extase, l’escargot est l’avenir de l’Homme.

De cette asymétrie dans l’anatomie et l’expression du désir, il résulte des positions relationnelles et des psychologiques différentes. Ce n’est pas la même chose de sonner à la porte de l’extérieur (l’homme) et de décider de l’intérieur si on l’ouvre ou non (la femme). Puisque j’en suis aux portes, si la femme ouvre elle-même la porte de son coeur, l’homme, grâce à l’anatomie de son pénis, ouvre la porte de son corps. C’est fait pour. C’est de la géographie anatomique.

La femme peut aussi utiliser le pénis pour ouvrir sa porte, par une position sur l’homme, celui-ci restant plus passif. Mais, selon mon expérience hautement scientifique, une femme ne supportera pas longtemps un homme passif dans la sexualité.

escargot3.jpgDonc l’homme est fait pour avancer. La femme, je ne sais pas. Je vais encore me faire assassiner si je dis qu’elle est faite pour le laisser avancer, voire pour l’inciter, l’attirer. Le problème est que l’homme a vite le mauvais rôle avec ça: obsédé, lubrique, cochon, celui à qui l’on donne des leçons de savoir-vivre tellement il est primitif, alors que la femme reste drapée dans sa dignité:

- J’ai résisté à ce cochon obsédé lubrique, je suis une femme digne (et tant pis si je fais baisser la natalité…).

Et si l’on admettait que les deux peuvent avancer, avoir très envie, le montrer, chercher? Si la femme cherchait le mâle autant que l’homme cherche la femelle? Ah, pays bienheureux que celui qui voit se réaliser en son sein la symétrie des désirs! Les femmes courant après les hommes, montrant ouvertement leur avidité sexuelle, copulant à tout va, tout le monde trouvant cela très bien. Les hommes se sentiraient moins bêtes et coupables de leur comportement animal, pour tout dire: ils se sentiraient enfin reconnus! D’une part les femmes cesseraient de traiter les hommes entreprenants de cochons, et les hommes ne considéreraient plus les femmes libertines comme des … (je n’aime pas le mot).

Pour établir une symétrie homme-femme dans le désir, deux solutions donc:

1. Les femmes deviennent ouvertement lubriques, obsédées et cochonnes. C’est tout bénéf pour tout le monde.

2. Les hommes boivent tous les matins du bromure pour avoir moins de désir. La morale est sauve, mais quel ennui…

Quel dilemme! Décidément, on n’est pas sorti de l’auberge.

 

- Pas grave, la serveuse est craquante.


Raaahhhh…..

 

 

Catégories : Humour 2 commentaires

Commentaires

  • Quoi, "les mâles qui cherchent, les femelles qui fuient", le même refrain se retrouverait-il chez les escargots? Trêve de plaisanterie, c'est simplement trop bon : on ne pourra plus manger les escargots comme avant la lecture de ce billet! On croirait que ces petites bêtes étranges portant leur maison sur le dos étaient hermaphrodites ... Aïe, aïe, encore un préjugé battu en brèche.

  • Seriez-vous pour la conclusion 1, Micheline, histoire de changer de refrain?

    Je vous vois venir: vous allez encore en faire craquer quelques-uns avec votre célèbre mèche et votre belle énergie!

    :))

Les commentaires sont fermés.