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Tu peux le faire !

C’est une forme d’injonction assez à la mode, très positiviste. Trop parfois. On la trouve sous cette forme ou sous d’autres dans la publicité, comme celle de Vaudoise Assurance par exemple.

 

 

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Dans la première on voit un élève conducteur tenter un créneau. Mais il angoisse et s’inhibe.

Autour de lui des personnes remarquent son malaise. Bienveillantes en diable elles le soutiennent avec cette phrase: « Tu peux le faire! »

Après l’avoir entendue plusieurs fois, répétée par plusieurs personnes, l’élève conducteur prend confiance et réussit sa manoeuvre.

Cela semble soudain facile. Il peut le faire, il peut réussir, il faut réussir, tout le monde veut la réussite, c’est dans beaucoup de pub et dans les magazines pour adolescentes. Sauf que ce n’est pas si simple. Soutenir, pousser une personne vers la réussite n’est pas du ressort de n’importe qui.

Dans cette injonction je vois une pression sociale – même bienveillante, cela reste une pression, exercée par le milieu, sans connaître la personne à qui l’on s’adresse. 

Dans mon évolution j’ai appris à ne pas céder trop vite à de telles envolées de soutien. Parfois il faut laisser la personne dans sa difficulté. Elle doit trouver sa solution personnelle, comprendre ce qui l’empêche, et se surpasser par ses propres ressources.

Je ne dis pas que soutenir ainsi est faux. Parfois il est aussi opportun de soutenir quelqu’un par une sorte de gonflette psychologique. C’est toujours mieux que de répéter qu’il va échouer. 

 

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Mais cela devrait venir d’une personne proche, peut-être un coach, qui connaît personnellement le candidat afin de lui insuffler des mots appropriés au bon moment.

Soutenir par principe nous donne le sentiment d’être de bonnes personnes attentionnées aux difficultés des autres. Pourtant c’est intrusif, même si c’est connoté positivement. Je préfère qu’on me laisse avec mes difficultés et qu’on ne me soutienne que si je le demande.

Je connais une personne qui dit souvent « Tu peux le faire ». Je suis embarrassé avec cette marque d’attention. Je préfère qu’on me laisse me concentrer et essayer. Si j’échoue ce n’est pas grave. 

Comme je ne dis pas haut et fort « Je vais le faire » mais « Je vais essayer », cette personne trouve que je manque de confiance en moi. Je réponds que ce n’est pas une question de confiance mais: de compétences à développer, d’expérience à acquérir, de motivation, de pertinence de mon implication, de degré de vigilance, de temps nécessaire pour cela.

La sollicitude excessive, même si bienveillante, est contre-productive avec certaines personnes, dont je fais partie. Inversement j’évite d’en témoigner de manière trop directe. Je n’annonce pas « Tu vas le faire », mais j’applaudis quand c’est fait. 

 

Je dois avouer qu’il m’arrive quand-même, parfois, devant certaines difficultés, de me dire à moi-même: « Tu peux le faire ». Cela ne remplace pas les compétences à développer, ce n’est pas une baguette magique, c’est plutôt comme un comprimé effervescent de vitamine C ou un ristretto bien serré.

 

 

« Tu peux le faire », deux pub: l’élève-conducteur et la piscine.

 

 

 

 

 

 

Catégories : Divers, Philosophie 3 commentaires

Commentaires

  • Just do it !
    juste fais le !

  • Ayant moi-même une grave invalidité n'ayant pas toujours été reconnue comme telle, je peux témoigner que les injonctions à se surpasser, même bienveillantes, est parfois particulièrement détestable. Il m'est arrivé plusieurs fois de me mettre en colère devant des personne fixant mes limites, sans les connaître.

    "Tu peux le faire" est une impératif qui suggère que l'échec est nécessairement le fruit d'un vice: paresse, désinvolture, manque de volonté, etc.

    Or en principe, on échoue surtout parce que la chose nous était trop difficile, dans l'absolu ou en fonction des circonstances, ou même que tout simplement l'échec nous est supportable, compte tenu des sacrifices à consentir pour assurer la réussite.

    "Tu peux le faire" est véritablement une injonction détestable, irrespectueuse de la personne à qui on l'adresse, que l'on toise en faisant comme si on connaissait ses limites, ses problèmes, ses volontés. Or nos limites, c'est à nous de les fixer.

  • Merci pour ce témoignage Jean-Paul. C'est exactement ça.

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