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Dogma 4: la puissance de l’amour - dire à ceux qu'on aime

Suite de la série. Après le douloureux, le beau. Dogma, c’est ce qui se répète au fil du temps. Ce qui devient parole, et de parole devient vécu. Ce qui s’impose comme vérité objective ou subjective. Moins de citations aujourd’hui, et toutes de Christian Bobin. Plus d’impressions personnelles. Avec toute latitude d’ajouter celles qui vous habitent.

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“Aimer quelqu'un, c'est le dépouiller de son âme, et c'est lui apprendre ainsi - dans ce rapt - combien son âme est grande, inépuisable et claire. Nous souffrons tous de cela: de ne pas être assez volés. Nous souffrons des forces qui sont en nous et que personne ne sait piller, pour nous les faire découvrir.”

“On peut s'éprendre d'une femme pour une manière de ramener ses cheveux sur sa nuque, pour la négligence dans sa voix, ou la lumière sur ses mains. Pour une raison aussi simple, on abandonne le tout de sa vie.”

“L'amour est le miracle d'être un jour entendu jusque dans nos silences, et d'entendre en retour avec la même délicatesse: la vie à l'état pur, aussi fine que l'air qui soutient les ailes des libellules et se réjouit de leur danse.”

“Il y a ainsi des gens qui vous délivrent de vous-même - aussi naturellement que peut le faire la vue d'un cerisier en fleur ou d'un chaton jouant à attraper sa queue. Ces gens, leur vrai travail, c'est leur présence.”

“Nous n'habitons pas des régions. Nous n'habitons même pas la terre. Le coeur de ceux que nous aimons est notre vraie demeure.”

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L’amour, envol et déplacement de soi. Mouvement vers l’autre qui ouvre nos fenêtres et nos portes. Terre nouvelle où poser nos pas, construire une nouvelle demeure psychique, habiter un nouveau territoire. Augmentation de soi avec l’autre.

Beauté du désir de l’homme et de la femme qui se cherchent, s’approchent, se rencontrent, et parfois s’écoutent et se ressentent. Ou même se comprennent. Et à défaut, s’acceptent et se respectent. Beauté de la sexualité, liberté du plaisir partagé.

Découverte de l’espace en soi, de l’espace en l’autre. Cet espace invisible et pourtant presque palpable. Beauté de l’éveil, exaltation de l’imaginaire. Intimité. Puissance des sentiments et de l’émotion. Force de l’attachement.

Rencontre des inconscients, reproduction des passés individuels ett des schémas et bugs. Possibilité de s’échouer dans ces schémas, ou de les identifier et les dépasser. Acceptation joyeuse ou douloureuse de la différence, fragilité des similitudes. Conflits utiles.

Incertitude vibrante ou certitude sécurisante. Choix de vie, engagement, évolution dans la durée. Subjectivité débridée se cadrant peu à peu.

“Plus on s'approche de la lumière, plus on se connaît plein d'ombres.”


Amour2.jpgMais aussi perte, drame, peur. Solitude de l’abandon, déni de soi dans le rejet. Souffrance indicible, abîme, disparition dans l’immensité de l’absence. Inutilité, incompréhension.

Cris, orages, colère, détresse. Douleur que rien n’apaise.

Ciel gris, ciel bas; pluie incessante de l’absence. Dialogue suspendu, inachevé, temps arrêté, étrangeté d’être sans l’aimé-e. Avortement du coeur. Mort à soi-même.

Et puis longtemps, bien longtemps après: le silence qui revient, comme un matin sans mémoire. Ou peut-être jamais. Peut-être une blessure jamais fermée. Une parole à jamais muette.

“Ce qui ne peut danser au bord des lèvres - s'en va hurler au fond de l'âme.”



Chanson: "Dire à ceux qu'on aime" © (version de travail).

podcast



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Catégories : Philosophie 15 commentaires

Commentaires

  • OOOOOOOOOOOOOO, que voilà de romantisme...
    Je ne vais pas oser argumenter, mais peut-être compléter de manière un peu légère et terre à terre....

    D'abord, il ne faut pas confondre l'amour et le sentiment amoureux....

    L'un repose sur du concret, est altruiste, toutes les choses que tu décris si bien....

    Le sentiment amoureux...lui, est une attirance passagère et irrésistible pour une autre personne sur laquelle on projette nos fantasmes, et dont le but premier n'est pas le bien de l'autre mais bien le notre propre (éprouver le "sentiment amoureux".)
    On projette sur l'autre ses désirs, ses attentes, ses besoins d'être aimé....c'est une magnifique illusion que chacun désire vivre, mais qui rend, selon la sagesse populaire, aveugle....n'est-ce pas "l'auréole" de notre propre sentiment amoureux qui rend l'autre personne si attractive?

    La perception de la personne aimée de cette manière ne correspond pas toujours à la réalité, et quand le sentiment amoureux s'estompe, la déconvenue peut être rude...et comme tu le dis, la perte de l'illusion est très douloureuse...


    Le sentiment amoureux est à mon avis une invention de la nature pour nous encourager à nous reproduire...pas très romantique, j'en conviens, mais je crains que ce ne soit réaliste....et l'attraction que l'on ressent pour une autre personne généralement est liée au fait qu'elle soit une "potentielle reproductrice" (pour les deux sexes)


    Car une personne peu attractive peut-être extraordinaire (intelligente, cultivée, sympathique, altruiste) sans provoquer chez quelqu'un d'autre le moindre sentiment amoureux.........(différence d'âge, handicap physique, taille (trop grand, trop petit, trop gros, trop maigre),autre culture, crainte du regard des autres)

    Qui tomberait amoureux d'une personne très âgée? Du genre soeur Emanuelle avant son décès, puisque la voilà en pleine actualité ,Dieu aie son âme...

    Le sentiment amoureux est donc par nature peu altruiste et il faut que la personne corresponde à SES PROPRES critères pour qu'on se laisse aller...Il a une dimension physique, est empreint de désir physique, et on ne peut mettre le sentiment amoureux et les autres formes d'amour dans le même panier, à mon humble avis....

    On peut palabrer, et combien l'on fait, sur cette illusion, en faire de magnifiques chansons, la désirer de toute ses forces, croire qu'elle durera éternellemnt (ooo, combien j'y ai cru aussi , sourires)...mais il faut se résoudre à considérer sa nature temporelle.....
    Ce que, nécessairement, on se refuse à admettre, puisque l'admettre, justement, est un obstacle à ce désir irrésistible que, comme le disait Henri de Reigner, "tout ne soit pas vain dans le temps éternel"....

    Bon, je me sens casseuse d'illusion,là, rires...

    En fait, je crois que lorsqu' on sait à quoi s'attendre, on est finalement plus libre....mais, à dire vrai, je n'en suis même pas si sûre...

    "Tout passe doucement, tout lasse, même les bons moments, tout change, se défait, ne restent que quelques pensées...."

    Assez philosophé pour aujourd'hui :=)
    Bonne journée, Hommelibre

  • Chère Ark, merci pour ce commentaire qui prolonge utilement mon billet. Souligner la différence entre amour et sentiment amoureux est juste. Mon billet, volontairement impressionniste et non analytique, effleure aussi l'amour, en parlant d'acceptation de l'autre, de durée.

    Le sentiment amoureux est probablement une malice délicieuse de la nature pour se reproduire, oui pourquoi pas? Le romantisme peut quand-même y trouver son compte, car l'ouverture que provoque la rencontre amoureuse, même avec son aspect narcissique, est porteuse d'un possible ancrage dans la durée qui lui se développera sur l'acceptation mutuelle.

    Souvent, on "s'aime" d'abord - au sens du sentiment amoureux, puis l'on fait connaissance mutuellement et l'on avance vers plus de respect et de solidarité. Etape moins étincelante mais au combien nécessaire pour faire fructifier ce que le sentiment amoureux a commencé à esquisser.

    Donc, non tu ne casses pas les illusions, tu les complètes par la mise au sol sans laquelle les plus belles semences (hum hum... :o) ... ) ne s'enracinent pas. Bon, après chacun ses choix. On ne s'enracine que si l'on en fait le choix, qui sera fait selon encore des notions individuelles comme le besoin (la durée est encore en partie égocentique par la prolongation de la satisfaction que l'on a dans la relation), mais aussi on s'enracine parce que la relation est créative, augmente l'espace intérieur de chacun, permet la réalisation des partenaires. Enfin, peut-être, j'espère.

    Les couples d'une autre époque avaient surtout en tête la famille, l'éducation des enfants, la survie financière. Aujourd'hui il y a plus d'exigences, les relations en deviennent plus difficiles. Je voudrais quand-même dire, au crédit du sentiment amoureux et du désir, qu'ils sont des éléments propices à se choisir. Le couple n'est pas une simple "cheptelisation" des humains en vue de la reproduction, mais aussi un espace plus intérieur. Les romantiques n'ont quand-même pas dit que des bêtises ni valorisé que notre subjectivité narcissique( même si, d'accord, ils l'ont beaucoup fait).

    Pour ma part, je ne peux imaginer durer sans avoir ressenti initialement cet appel subjectif qui me met en mouvement.

  • "...je ne peux imaginer durer sans avoir ressenti initialement cet appel subjectif qui me met en mouvement." !!!!!!!!!

    Ah, qu'en termes galants ces choses là sont dites :o)

  • Oui Azrael! Que voulez-vous, je ne saurais envisager une relation par stratégie, calcul, sécurité, simple opportunité, parce que ce serait raisonnable, ou choses dans ce genre. La difficulté que je peux rencontrer est le passage du subjectif à l'objectif. J'y travaille!...

    :o)

  • Oh, mais moi non plus, je ne puis imaginer qu'une relation dure sans sentiment initial.......pour que le plus beau feu brûle, il faut la première étincelle...:=))
    D'autre part, même si je suis parfois un peu terre à terre (le vécu n'y est pas pour rien, mais je le vois plutôt comme positif (sourire)) je suis de part nature plutôt une incorrigible romantique...

    Je me demande souvent comment nos ancêtres (préhistoriques) voyaient la chose...

    Il y a tellement de modèles de "couple" dans les diverses cultures que de retrouver l'authenticité de notre humanité, loin des clichés, loin des notions culturelles, semble assez difficile...

    Mais une bonne relation qui dure, c'est, imagé, celle qui se chauffe aux braises du feu initial...et là, une fois que l'étincelle s'est produite,
    difficile de dire si ce sera un magnifique feu de paille, ou un vrai brasier qui dure, et cela dépend tellement de ce dont on va alimenter le feu....

    Je voulais ajouter ceci: d'abord, j'aime beaucoup ta manière d'écrire, ainsi que ta chanson, qui me trotte tout le temps dans la tête depuis quelques jours...:=))

    Bonne soirée!
    Ark

  • Je te rejoins dans tes propos Ark, merci pour tes commentaires. Normal de devenir un peu terre à terre, l'expérience doit servir. Quelle que soit la force du rêve. Je dis cela, moi aussi incorrigible romantique... Que dire de plus sans me dévoiler au-delà du raisonnable? Qui décevrai-je encore à cause de mes rêves contre lesquels je me bats pourtant? Quelle loyauté puis-je assumer sans me déchirer moi-même? Quelle légèreté, quelle vélléité est la mienne? Où est ma foi? Des questions empreintes de nostalgie, nostalgie du passé et de l'avenir en même temps. Mémoire d'un temps sans trace, sauf cette loyauté à quelqu'un ou quelque chose qui n'a cessé de m'habiter depuis mon enfance. Comme une trace connue et pourtant encore à découvrir...

    Pffff.........

    :o) ......

    Merci pour tes compliments... La chanson est destinée à tous ceux qui aiment et qui parfois, par pudeur ou par défense, n'osent le dire. A tous ceux et celles qui sentent que là est une force: dire à ceux qu'on aime...

  • Oups, je garde avec un grand sourire l'expression: "nostalgique de l'avenir", que je ne manquerai pas de réutiliser si tu m'y autorises....:=))
    ça me fait penser à une autre, qui est marrante et pourtant tous ceux qui ont eu des enfants (ou d'ailleurs des chiens et des chats, c'est leur spécialité aussi)savent ce que cela veut dire...:))

    ..."nous marchions, et les enfants suivaient devant..." (ça doit être du Alphonse Allais...)

    Bon, j'arrête de sauter du coq à l'âne...=))
    Bonne nuit à tous.
    Ark

  • mdr!.... Oui oui tu peux l'utiliser sans mention de l'auteur! Allais, j'adore... Tu as lu ma présentation: "N'être qu'un, oui, mais lequel?" C'est lui...

    Bon, oui, nostalgique de l'avenir, de quelque chose qui nous attends peut-être dans nos rêves... Bon, bref, débrouille-toi avec!

  • "Nostalgique de l'avenir", serait-ce une nouvelle définition de "espoir"? :o))
    Bonne journée!

  • Oui, Ark, bonne interprétation. Tu explicites bien ce qui était d'abord une figure poétique. Bonne journée!

    Et... : gëzuar ditëlindjen!

  • Toi même, non mais, :=)))

  • Ah, Hommelibre, votre romantisme vous valu des voix de CLAF, plus qu'à moi...

    Si c'est pas cocasse, ça!?!!

    Pour paraphraser le proverbe ci-dessus, j'ajouterais que "plus on se rapproche de la lumière, plus on risque de s'y brûler".

    Bien à vous!

  • En effet Micheline! Je suis surpris agréablement. Car au début j'avais plutôt critiqué cette liste. Je pense que certaines d'entre elles comprennent quel est mon combat, et qu'au fond j'ai une vraie amitié pour les femmes.

    Mais vous savez: me brûler à la lumière des femmes, j'ai déjà fait. Et c'est une des plus belles brûlures que je connaisse, avec celle de considérer l'infini de l'Univers.

    Je remercie donc celles qui ont jugé que ma candidature avait de la valeur à leurs yeux.

    Bien à vous, Micheline.

  • bj
    j'ai lu dogma 4 du 21 octobre 2008
    j'ai cherché dans les archives octobre 2008
    pour voir les autres dogma
    j'ai pas reussi
    comment faire
    merci

  • Bonjour Halim,

    En voici la liste (je n’ai pas mis le 4 que vous avez lu). Il y a 6 billets mais qui ne sont pas groupé dans une catégorie Dogma, Je devrais peut-être le faire.

    Après le 6, sur la force de la femme, j’ai toujours en tête un 7 sur la force de l’homme, mais il a besoin de mûrir encore.


    Dogma 1:
    http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2008/09/25/dogma-1-la-folie-d-ou-nous-venons.html

    Dogma 2:
    http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2008/09/26/dogma-2-la-folie-du-feminisme-radical.html

    Dogma 3:
    http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2008/10/01/dogma-3-la-folie-masculine.html

    Dogma 5:
    http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2008/10/27/dogma-5-la-puissance-du-reve.html

    Dogma 6:
    http://hommelibre.blog.tdg.ch/archive/2008/11/28/dogma-6-la-force-de-la-femme.html

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