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Sexisme: quelque chose de pourri au royaume de Danemark?

Selon sudinfo.be, c’est « l’émission la plus sexiste de l’histoire. Humiliante, dégradante, ordurière et sexiste.» Direct.cd affirme: «Une émission danoise qui humilie les femmes. Du sexisme à l’état pur.» Selon rtl.be, «Le sexisme atteint des sommets à la télévision.»

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Une partie de la Toile se déchaîne contre une nouvelle émission de télévision. Elle est diffusée au Danemark. L’animateur est Thomas Blachman, personnage connu de la télévision locale. Sa nouvelle émission, nommée simplement «Blachman», propose à des femmes de se déshabiller devant lui et un invité. Les deux hommes commentent, analysent et critiquent alors le corps de la femme: les seins, les fesses, les jambes. Le but: faire savoir aux femmes ce que des hommes pensent réellement d’elles.

«L’idée du show est de laisser les hommes parler du corps de femmes nues pendant que la femme se tient debout devant eux. Le corps de la femme a soif de mots. Des mots d’un homme.»

Dur dur pour ces femmes! Comment oser supporter deux regards qui ne feront pas de compliments obligés? Deux hommes qui diront, peut-être crûment, ce qu’il pensent sur l’esthétique du corps? Mais dur aussi pour les deux hommes. Ce n’est pas si facile à dire pour un homme. C’est en tous cas plus facile à penser qu’à dire. Le corps est comme il est. Nous ne pouvons modifier sa structure. Il n’est pas comme un habit qui embellit, gomme, avantage. La nudité est crue, impitoyable, mais aussi émouvante et touchante. Une telle émission avec des hommes nus commentés et critiqués par des femmes serait tout aussi crue. Devrait-on faire de même pas dogme d’égalité? Non, aucune obligation.

Avant de pousser des cris d’orfraie sur le supposé sexisme misogyne, reconnaissons que la beauté physique, l’esthétique, l’apparence, travaillent les filles au corps dès la puberté - voire avant. Reconnaissons que nombre de femmes ont besoin de compliments répétés sur leur beauté. Qu’elles s’inquiètent de savoir si leur homme les désire encore, et ce quiblachman,danemrak,vénus,nudité,corps,hommes,femmes,sexisme,misogynie,hamlet,bible,cantique,plage,beauté,esthétique,fesses,seins, leur plait. Sinon pourquoi y aurait-il autant de salon d’esthétique, de lignes de maquillage, de magasins de mode, de périodiques conseillant en matière de beauté, de feuilles de choux qui apprennent aux adolescentes comment retenir les garçons et aux femmes de 25 ans comment avoir un corps de rêve - ferme et tonique - sur la plage?


Si, si, les hommes pensent

Croit-t-on que les sculpteurs de toutes les époques ne se livraient pas à une analyse sur le corps de leurs modèles? Que la beauté physique n’est pas importante? A vingt ans j'ai fait quelques séances de pose aux Beaux-Arts pour gagner un peu d'argent. je me souviens d'une étudiante qui m'a analysé sans fausse pudeur. Cela paraissait normal. Et pourquoi donc les strip-teaseuses et les top-models ont-elles ou ils des corps qui font rêver les femmes autant que les hommes?

Croit-on qu’un homme ne pense rien quand une femme passe sur la plage ou se déhanche sur le dancefloor? Qu’il ne la «dévisage» pas de la tête aux pieds quand elle passe dans la rue? Qu’il ne fait pas la différence entre des seins généreux ou des seins presque plats? Qu’il ne remarque pas les fesses rebondies des africaines, et les fesses deux fois plus larges que les épaules de trop d’adolescentes et de femmes qui doivent se gaver de féculents?

Il ne le dit pas mais le voit et le sait en quelques secondes. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs. Cela ne préjuge évidemment pas des qualités de la personnes, de son intelligence, de sa sensibilité, ses compétences. Mais pourrait-on prétendre que la beauté physique n’est pas un critère fort dans les relations hommes-femmes? A l’identique pour les femmes: croit-on qu’elles n’analysent pas les fesses des hommes dans la rue, leur ventre, leurs épaules, leur muscles, leur manière de marcher, de parler, de regarder? Tout y passe. Celles qui disent le contraire sont des menteuses.

Simplement on ne se le dit pas. Pourquoi ne le dit-on pas? Une pudeur, et peu de situations qui le permettent sans équivoque. Dans l’émission Blachman, il n’y a ni équivoque, ni agressivité. Les femmes qui s’y présentent ne sont pas obligées et n’y gagnent pas d’argent. La seule chose qu’elles gagnent est d’entendre ce que deux hommes pensent d’elle. A elles ensuite de s’assumer et de se trouver belles comme elle sont.


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On peut reprocher à la télévision cet étalage qui suit le chemin des émissions de téléréalité. Il faudrait alors aussi censurer la Bible qui parle des seins et du corps de la fiancée dans l’allégorie du Cantique des cantiques: «Que tu es belle, que tu es agréable,
O mon amour, au milieu des délices !
Ta taille ressemble au palmier,
Et tes seins à des grappes.
Je me dis: Je monterai sur le palmier,
J'en saisirai les rameaux !
Que tes seins soient comme les grappes de la vigne».

Il faut cependant souligner le courage des ces femmes qui vont se mettre sous le feu de commentaires masculins. Elles se livrent librement à un exercice particulièrement difficile. Je ne sais si ce sont des figurantes ou des anonymes qui viennent chercher leur instant de célébrité. Mais il faut avoir du cran pour s’y présenter. De plus je trouve intéressant de se dire ce que l’on pense. Cela devrait renforcer la capacité à s’accepter, en particulier sur des critères que l’on ne peut pas vraiment changer. Je pense aussi qu’une femme qui s’accepte est plus attractive qu’une femme qui se refuse elle-même.

Mais qui produit cette émission supposée misogyne? Une femme, Sofia Fromberg. Elle défend son projet : «Nous avons un programme qui révèle ce que les hommes pensent à propos des corps féminins. Sérieusement, où est le problème ?!» Je partage son point de vue. Y voir du sexisme est pour moi un signe de la déviance intellectuelle et relationnelle de notre époque. On ne peut plus rien dire sur l’autre qui ne soit taxé de sexisme, de racisme et d’autres ismes. Les femmes et les hommes se sont toujours regardés, évalués. Dans le temps cela semblait normal. Plus aujourd’hui.

Putain d’époque... Crier au sexisme devient pavlovien. Comme dirait Hamlet, il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark: la peur du sexisme voudrait que le silence règne. Hypocrisie.


Un exemple de l’émission, qui montre que rien d’agressif ne se passe et que la femme est filmée avec une certaine pudeur: http://www.dr.dk/tv/se/blachman/blachman-5-6-2#!/


Au fait: Aznavour ne serait-il pas sexiste? Voir en haut du blog, colone de droite.

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Parution le 18 mai:

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Catégories : Féminisme, société 36 commentaires

Commentaires

  • Visiblement ces femmes ne viennent pas se faire "descendre" devant des mâles arrogants. Je ne comprend pas les commentaires, mais les regard et le ton semblent montrer une certaine dissertation où une main vient parfois dessiner une courbe dans l'espace. Comme le feraient effectivement deux sculpteurs devant un modèle. Les discussions se font sur un mode tamisé quasi confidentiel.
    Le tout sur un fond noir et des jeux de lumières qui mettent en relief des clairs obscurs donnent quelque chose d'esthétique à l'ensemble.
    Point de sensationnalisme et ces femmes ressemblent beaucoup à ces modèles qui posent dans les académies de dessins et de modelage.

    Au delà des protestations via des réflexes conditionnés, cette émission réhabilite un rapport au corps que je trouve agréable dans ce contexte actuel de bimbos surdimensionnées et de modèle humain trop parfait.
    C'est sûr que c'est audacieux dans le paysage télévisuel mais la démarche semble honnête.
    Mais c'est vrai que les chiens hurlent toujours avec les chiens.

  • Aoki, je trouve aussi que tant le décor, l'éclairage que le ton sont tamisés. Je mentionnais la téléréalité pour les points communs: ni fiction, ni info, ni film ou variété. Mais je pense comme vous qu'ici on est dans un autre registre, plus difficile, et les femmes qui se proposent sont des femmes "comme tout le monde", justement pas des bimbos.

  • Merci pour tous ces articles que vous publiez et que je suis régulièrement. Je ne partage pas toujours vos convictions, mais j'apprécie vos remises en questions et votre regard sur le monde et nos sociétés. Qu'il est bon d'entendre une voie différente.

  • C'est une sacrée découverte ! Le concept est pour le moins original.
    Il est clair que les hommes se dévoilent, à leur façon.
    Je n'ai pas compris les mots, mais ils doivent déjà assumer publiquement le regard qu'ils portent sur le corps de la femme et ensuite, la discussion ne porte pas sur le dernier match de foot. Je suppose que le concept est de se mettre à nu, également, mais par la parole.
    Ne comprenant pas ce qu'ils disent, je ne peux que juger sur l'aspect global. C'est bizarre d'avoir une personne nue face à des personnes habillées, qui par instants font comme si la personne nue n'était pas là.
    Je trouve la démarche passablement intellectuelle.
    Ces jeunes femmes m'intriguent beaucoup : pourquoi font-elles ça ? Pourquoi à la télé ?
    Comme avec toute télé-réalité, je me demande ce qui se passe le lendemain quand le candidat va à la Migros ... Peut-être qu'à la Miggrööss danoise on fait semblant de rien ;-)))
    Je n'ai toujours pas compris comment et pourquoi mes contemporains s'exhibent à la télé, dans des confessions ou situations les plus multiples et variées !

    Y a-t-il eu des femmes plus âgées, celles dont le corps raconte toute une vie ?
    Toutes celles que l'on voit sur le site sont jeunes et pas obèses.

    Faut-il être surpris que certains trouvent le concept sexiste ? Le contraire serait un scoop ! Imaginez un instant qu'il ne se trouve personne pour redire que le dispositif met les intervenants dans des rôles explicites.
    Il serait intéressant de comprendre ce que l'animateur raconte au début , il doit fixer un cadre, donner un sens à la démarche, anticiper les critiques.

    Est-ce que les critiques prévisibles signifient qu'il y a quelque chose de pourri au Danemark ? Ou bien est-ce que le paysage télévisuel est moins crispé sur la nudité, puisque l'émission peut juste avoir lieu ?
    En tout cas, cette émission ne pourrait pas être diffusée dans n'importe quel pays d'Europe. Voir une personne totalement nue ne fait pas partie du quotidien. On a plein de femmes en petite tenue, p.ex. en Italie, avec les tenues sexy, mais franchement nues - non !
    Personnellement, je trouve la nudité complète et calme de ces danoises moins affriolante que celle des bimbos qui cherchent à allumer.

  • Calendula, comme d'hab vous posez les bonnes questions.

    La dissymétrie des deux parties est logique: hommes habillés-femme nue, hommes regardant-femme regardée. Sans cette dissymétrie on ne porterait pas autant attention à la femme. C'est elle le centre de l'intérêt dans cet exercice. Si l'on mettait les hommes nus aussi, on les regarderait pour comparer, et l'on n'écouterait pas ce qu'ils disent de la femme.

    Cela dit en effet les hommes se mettent à nu par la parole. Eux aussi, le lendemain à la Migros, peuvent être interpellés. En tant qu'homme je connais la difficulté d'être direct avec une femme. J'ai moi-même été interpellé suite à une émission Tango, chez un coiffeur, par une employée qui n'était pas d'accord avec moi. Dans l'émission j'avais répondu à la provocation par la provocation.

    C'est pourquoi je dis que l'exercice est difficile pour les deux parties.

    Je n'ai pas non plus compris les paroles danoises, mais la voix, la gestuelle, les regards, les lumières, montrent que l'on n'est pas dans l'agressivité. Les sourires de la jeune femme, un peu gênés, ne montrent pas de désaveu marquant pour les propos tenus. Bien sûr il serait bien d'avoir les mots, pour ensuite en débattre: une critique est-elle humiliante, ou simplement désagréable?

    Une des questions, évidemment, est: pourquoi toutes ces confessions télévisuelles? C'est une maladie! Tout le monde dit tout à tout le monde! J'ai encore lu sur le net qu'Alice Donna venait de dire pourquoi elle a rompu avec Laurent Boyer! Mais on s'en fout.

    La motivation à se montrer, je n'en sais rien. Mais sur le phénomène j'ai une idée: il y a eu pendant longtemps un déficit d'expression du vécu. Même dans l'éducation, le "tu" prévalait sur le "je". La prolifération actuelle du "je", outre l'aspect narcissique, montre un besoin de trouver des repères à partir du vécu et non de la théorie. Cela je l'approuve. Mais à condition que le "je" soit transposé en expérience sociologique, ce qui n'est pas forcément le cas.

    Toutefois, ici, c'est en disant comment ils trouvent le corps de la femme que les hommes font la meilleure sociologie. Et la femme qui se présente doit savoir assumer après, à la Migröoss comme vous le dites! En tous cas je trouve que les images sont empreintes d'une sorte de tendresse et de pudeur à l'égard de cette jeune femme blonde, ni bimbo ni laideron, mais pleine de charme et de belle présence. Les cameramen sont visiblement coachés pour donner des images qui ne soient ni agressives, ni trop voyeures. En ce sens le concept de l'émission est étudié, travaillé, et le but n'est pas de clouer ces femmes au pilori. L'accusation de sexisme est d'autant moins justifiée, et est bien comme je le pense un réflexe conditionné.

  • Merci pour votre réponse circonstanciée.
    C'est intéressant de savoir quelles peuvent être les réactions des téléspectateurs après une émission.
    Je connais quelqu'un qui a passé à "Questions pour un Champion". Il paraît que l'on perd le 75% de ses moyens, une fois sous les projecteurs. Comment ça doit être si on est nue ? Peut-être qu'on n'a plus rien à perdre.

    Il est possible que les hommes sur le canapé soient déjà des "people". Peut-être les jeunes femmes également, mais j'en doute un peu. Je vais essayer d'en savoir un peu plus par ma Copenhague-connexion...

    Pourquoi une femme voudrait-elle savoir ce qu'un homme (un seul) pense de son corps à elle ? Et cela publiquement. Non, vraiment c'est trop bizarre. Si on a besoin de savoir, il faut poser la question à au moins 10 hommes, pour que ça ait une valeur statistique !
    Est-ce elle qui a besoin de savoir ou bien la conceptrice de l'émission qui a besoin d'une personne vivante, dans une situation de nudité, pour induire une discussion d'un genre intimiste.
    Si seulement je comprenais le danois !

    Afin de mener l'expérience jusqu'au bout, il faudrait faire l'émission à l'envers : deux femmes sur le canapé et un jeune homme debout, en costume d'Adam. Car comme vous le dites : les femmes regardent et réfléchissent également à ce qu'elle voient.

    Dans l'émission de M6 "Un nouveau look pour une nouvelle vie" les candidats (hommes et femmes) sont soumis aux regards et aux critiques des passants, avant et après le relooking. C'est un moment très pénible, même pour la téléspectatrice que je suis. Je la zappe toujours, car cela me dérange d'entendre ça et de voir la personne qui doit entendre qu'elle est perçue comme terne, ayant l'air trop comme -ci ou comme-ça et mal fagotée.

    Le pompon, c'est "Belle toute nue", également sur M6. J'ai cru tomber de mon canapé, lorsque j'ai découvert ça un soir. Mais c'est une autre histoire.

  • coucou Homme Libre,
    whouahhh, vous avez fait l'apollon au beaux arts,c'est chouette ça!!!
    à vrai dire, je pense que du canapé ou du fin fond de la classe des beaux arts, on peut pas vraiment juger, faut aller voir de plus près,tater dans tout les sens, soupeser pour avoir une vue globale sur les bonnes mensurations!!!
    ;)))
    bizzzouxxx!!!

  • Pour revenir au sexisme, je pense que l'on devrait s'en tenir à une définition précise, sans quoi le langage et les comportements seront sans cesse sous surveillance avec des levées permanentes d'interdits. Je doute que cela serve les femmes et les hommes: on suscite une nouvelle méfiance, une nouvelle adversité, fondée sur une perception agressive et délictueuse des relations de genre.

    On ne devrait parler de sexisme que s'il y a une intention discriminante avec des conséquences matérielles préjudiciables pour la personne concernée. D'ailleurs, en tant que théorie globale, ne devrait être considéré comme du sexisme qu'une action pouvant porter préjudice à l'ensemble des personnes du sexe concerné. Montrer une femme ou un homme idiot dans une pub n'est pas du sexisme. Je prends du recul par rapport à cela, même en ce qui concerne les hommes. Par contre, montrer systématiquement toutes les femmes ou tous les hommes comme idiots, et en tirer des conclusions sociales pouvant porter un préjudice réel, alors ce serait du sexisme.

    La société doit tolérer l'élasticité culturelle, mais pas juridique. Si on ne tolère pas l'élasticité culturelle, si tout devient suspect et porteur d'interdit ou de stigmatisation, on en vient à un néo-protestantisme! :-)

    Ici, la critique sur le corps ne concerne que la personne qui se présente et non toutes les femmes. On mettrait Adriana Karembeu nue pour être jugée par des hommes, ce serait elle seule qui serait concernée et non l'ensemble des femmes. Les candidates à l'émission ne sont pas critiquées parce qu'elles sont femmes, et l'intention n'est pas de leur enlever un droit juridique ou moral, ni de commettre une action préjudiciable à leur encontre ou de les faire considérer comme inférieures.


    "Pourquoi une femme voudrait-elle savoir ce qu'un homme (un seul) pense de son corps à elle ? Et cela publiquement."

    La question reste. Le besoin de la chaîne et de la production ne sont jamais à négliger. Les télé sont des pourvoyeuses de shows qui cherchent des artistes en vue de l'audimat. Je n'exclus pas cependant la forme de gloire et de fierté acquise par le passage à la télévision.

  • Sarah, s'il font cela à la télé en prime time, ça va être coton... Mais c'est pour la science!

    :-)

    J'aurais bien posé pour vous: j'aime votre manière de peindre...... Mais j'ai quelques kilos en trop depuis mon opération, ça ne fait plus très Apollon...

    :-)))))

    Bizzzouxxx!!!


    @ Alain: merci.

  • C est lamentable pauvre de nous les FEMMES ....Nous allons tomber tous les jours un peu plus bas....c est mon avis mais je tolére l avis des autres ... cela permet de ne pas etre butée l "essentiel est d 'etre bien dans sa peau.....

    J ai des pensées profondes pour ces trois femmes sequestrées durant 10 ans pour les des besoins sexuels d un seul homme...personne n a ouvert de blog à ce sujet .....

    Loin d etre négative mais réaliste je vous souhaite une trés bonne soirée
    la dame de HTE SAVOIE

  • Le "sexisme" est probablement un mot souvent utilisé à mauvais escient, comme le mot "racisme". Il y a une sorte de paresse lexicographique et un désir de neutraliser l'interlocuteur rapidement.
    Une fois qu'on est étiqueté, notre interlocuteur espère qu'on se taira ou au moins qu'on se retrouve sur la défensive, en position de nous justifier.

    Pour en revenir à l'émission danoise : la séquence du 7 mai, avec le monsieur avec la lentille noire, est sous-titrée en anglais. Cela répond à une partie de mes questions.
    L'animateur parle d'une dimension poétique de la nudité. hmm hmm ... Ca me laisse sceptique.

    En fait, la dame nue n'est pas évaluée ou jugée, elle sert de prétexte. Mais il est indéniable qu'elle s'exhibe.
    Selon moi, on pourrait faire la même démarche en montrant des photos ou des vidéos, car l'animateur demande à l'invité : Aimez-vous les tatouages ? Est-ce que vous préférez les gros ou les petits seins ? Que regardez-vous en premier ?
    Les concepteurs de l'émission ont fait le choix de la personne vivante, comme inspiration pour les questions sur le corps féminin. Cela apporte une tri-dimensionalité et un aspect live. La femme réagit discrètement à ce qu'elle entend, ce n'est pas inintéressant. Elle peut avoir l'air amusée, ce qui lui donne un air soit attendri, soit un peu ironique.
    C'est un défi d'arriver à être détendue, malgré la nudité unilatérale et télévisuellement planétaire, qui pourrait être vécue comme un cauchemar, si ce n'était pas librement choisi. Il y a un côté exhibitionniste, sans aucun doute.
    Le nudisme existe depuis longtemps, mais entre nudistes.
    Il est vrai que la femme qui décide de se montrer totalement nue à la télé fait un choix très spécial. Il y a des vrais gros plans. Est-ce un progrès que d'en arriver là ?
    Ce n'est certainement pas sexiste, mais on assiste à la forme extrême du besoin d'apparaître dans les médias. Il est possible d'aller encore plus loin, avec cette émission, on n'a pas atteint les stades ultimes de l'impudeur.
    Je n'ose pas imaginer jusqu'où certains pourraient être poussés à aller.
    Non vraiment, je n'y vois pas de sexisme, mais une sorte d'impudeur frondeuse et la garantie d'un bon audimat de spectateurs médusés.

  • Il faut remettre l'émission dans le contexte.
    Quelle vision la société danoise à des femmes?
    Le Danemark est dans la même ligné que la Suède.
    A partir de la on comprend que ça choque, on ne touche pas à l'image du citoyen supérieur sans y laisser des plumes.
    Après peu importe que l'émission soit du voyeurisme, critique ou autre, l'émission a choisie le mauvais genre pour son affaire.

  • Ce que je crains c'est que la libre expression, qui commence généralement comme une remise en question des tabous, n'aboutisse pour finir non seulement à l'acceptation publique, rendue possible par l'omnipotence de la télévision, de ce qui n'est pas acceptable, ce qui est humiliant, dégradant et véritablement indigne des meilleurs sentiments humains, mais par quelque chose d'aussi grave, sinon plus, l'idée que l'absence totale de contrainte et donc de limite au désir et à l'action soit une valeur en soi.
    Il se trouve que ce n'est pas le cas, comme l'ont compris tous les grands artistes, qui sont ou deviennent conscient dans leur maturité qu'ils se sont imposés eux-mêmes des contraintes pour produire une oeuvre qui ne soit pas que scandale passager. J'ai pratiqué moi-même la pose nu, pour accompagner une amie qui posait devant des classes des Beaux-Arts. L'écran des difficultés et des exigences que les moyens mêmes de leur art interposaient entre eux leur perception du modèle me paraissaient une garantie quant à la qualité de ce qu'ils allaient faire de leur vision ou même de leurs éventuels émois, ce qui ne me semble pas être le cas dans une mise en scène telle que vous la décrivez, ni même souhaité par les producteurs de l'émission.
    Je m'expose quelque peu, une fois de plus, en prenant le contre-pied des témoignages d'ouverture d'esprit des premiers intervenants, mais là aussi, j'espère que l'écran de l'intelligence et du savoir-vivre m'éviteront les lazzis et insultes parfois prodigués aux partisans d'une certaine retenue morale.

  • J'ai commencé à regarder l'émission sous-titrée, Calendula. C'est intéressant. On est en effet bien loin du sexisme. Je pense aussi que la présence physique de la personne nue met la tension du live, mais dans cette séquence l'invité a beaucoup de distance. J'aurais aimé lire le jeune homme de l'émission précédente, qui semble plus touché par ce qui est attendu de lui.

    Ne serait-ce qu'un prétexte à rouvrir une parole masculine, c'est déjà une bonne chose. C'est d'ailleurs cela qui semble déranger. J'aime bien la phrase: "Il y a pire que d'être un objet sexuel. C'est de ne pas être un objet sexuel". Et comme il dit plus loin: nous souhaitons tous être des objets sexuels, soit des personnes désirables, sexuellement, corporellement désirable. Nous savons bien que la relation passe par cela. Tiens, cela ferait un bon thème de billet.

    Idée intéressante aussi sur le fait que les femmes vendent leur corps - pour la prostitution ou pour un autre travail. L'abolitionnisme crée en fait une sacralisation du sexe féminin et un rejet du sexe masculin. Ce qui crée une discrimination de genre! Et voilà que les féministes créent le sexisme qu'elles prétendent pourtant combattre. C'est une de mes thèses depuis longtemps.

    Les contradictions du féminisme, de l'antiracisme, de l'abolitionnisme, de l'égalitarisme, deviennent très apparentes et de plus en plus insoutenables.

    Je regarderai la suite demain, j'ai toujours des problèmes avec les vidéos lourdes. Mon ordi ou la connexion, je ne sais pas. Il faut que j'aille regarder ailleurs.

  • @ Berto:

    En effet. Les réactions montrent que les femmes seraient intouchables et au-dessus de toute considération sociologique. Mais on isole les femmes de la réalité en allant dans ce sens. Les hommes pensent les femmes comme les femmes pensent les hommes. Ils s'évaluent, que cela plaise ou non. Je pense que l'émission renverse une tendance à ne rien dire de la femme, parce que parler de la femme sans lui passer la pommade est politiquement incorrect. L'émission survivra-t-elle à ce crime de lèse-majesté?
    A suivre.


    @ Mère-Grand:

    Je comprends votre point de vue. Mais il me semble qu'il n'y a ici rien d'humiliant ou de dégradant. A part de considérer la simple mise à nu physique à la télé comme dégradante, mais ici il n'y a rien qui appuie dans ce sens. Les images sont sages. Aucune prise de vue tendancieuse.

    Il faut regarder la séquence sous-titrée en anglais, et l'on se rend compte que l'émission n'a en effet rien à voir avec les accusations lues sur le net. On pourrait même invoquer, plus que la liberté d'expression, la simple liberté des femmes, et encore plus la liberté de ces femmes qui s'exposent. N'est-ce pas une victoire du féminisme? :-)

    Après, comme le dit Calendula, jusqu'où l'intimité sera-t-elle explorée à la télévision? Mais c'est une autre question, plus générale. A mon avis on ne peut arrêter le mouvement d'exhibition intime d'un coup. Il faudra soit une lassitude, soit plusieurs événements choquant pour que la machine émotionnelle collective rejette ce que pour le moment elle adore.

    Je regarde parfois "Toute une histoire" avec Sophie Davant. Quel déballage d'intimité, avec en particulier des choses bien sordides, bien dramatiques, mais qui ne perturbent jamais le cadrage sur S. Davant ni son brushing savamment sauvage. Et avec une psy un peu déjantée... Quand je vois cela je me dis que le féminisme, ou le besoin féminin d'étalage de l'intimité, n'est vraiment qu'une voie de garage. Et je n'ai pas envie qu'on apprenne aux garçons à pleurer pour leur offrir ce monde-là. Il y a quand-même plus excitant que de pleurer sur son sort.

    Comme le dit l'invité de Blachman dans la séquence sous-titrée: "Montrez-moi une femme satisfaite, je vous montrerai un éléphant blanc" Sachant que l'éléphant blanc n'existe pas... Et si le féminisme, outre quelques combats initiaux légitimes, n'était au fond qu'une culture de l'insatisfaction (rejoignant en cela l'idéologie de gauche)? Un autre thème de billet, là.

  • hommelibre,
    C'est rigolo, l'histoire de l'éléphant blanc.
    Je l'ai d'abord compris comme le fait qu'elles sont (nous sommes) toujours râleuses, mais ce monsieur de 89 ans est sexologue et il parle ensuite d'une recherche qu'il a faite dans ces jeunes années et de constats auxquels il est arrivé. Il parle au fond de la différence physiologique hommes-femmes et de ce qu'il énonce comme une réalité: on ne vit pas exactement la même chose au moment du coït.
    Il donne plusieurs informations intéressantes et c'est une assez longue séquence.
    Pendant ce temps-là, la dame nue est totalement oubliée ! Et à ce moment-là, je me suis dit que des photos feraient tout aussi bien l'affaire.

    Pour faire le lien avec l'art pictural : ce dispositif télévisuel fait penser au "Déjeuner sur l'herbe" d'Edouard Manet, d'autant plus que le 7 mai, il y a deux femmes nues, successivement.
    Comme quoi : rien de nouveau sous le soleil, même si ce sont des spots d'un studio de télévision.

  • Oui, la dame est oubliée. C'est pour cela que je préfère celle du jeune homme, plus réactif et interactif.

    Pour l'insatisfaction, êtes-vous certaine qu'il ne parle que de physiologie? Sans blaguer, je l'ai perçue autant sur le plan psychologique. :-)))))

  • "Pourquoi une femme voudrait-elle savoir ce qu'un homme (un seul) pense de son corps à elle ? Et cela publiquement."

    Oui, je me pose la question. Et pourquoi l'opinion d'un seul homme, un inconnu avec lequel la femme n'a et n'aura aucun rapport dans sa vie? Après tout, la beauté est dans l’œil de l'observateur ....
    Elle ne saura jamais ce que pensent les millions de téléspectateurs anonymes (hommes et femmes).

    Le scénario me rappelle un peu des foires au bétail. Je dis ça sans méchanceté, mais il y a beaucoup de similitudes.

    Pour revenir à la question du sexisme: existe-t-il des scénarios similaires où une femme évalue les qualités physiques d'un homme nu planté devant elle?

  • @ Benpal: à ma connaissance il n'y a pas d'émission inverse. Je n'en trouve pas l'utilité, sinon pour dire qu'on fait tous la même chose. Faisons des choses différentes, non symétrique, il n'y a pas d'obligation de ressemblance et de symétrie. Je pense même que cela fausserait le jeu car cela induirait une compétition qui nuirait à l'aspect intimiste. Je pense qu'il faut laisser un temps assez long pour rester centré sur les femmes et pour rouvrir la parole masculine. Les hommes ne disent pas ces choses facilement. Ne les mettons pas en stress de compétition. Après un an ou eux, on verra.

    Foire au bétail? En fait il y a des foires aux célibataires. Cela a longtemps existé afin de mélanger des populations diverses, d'augmenter le choix du "catalogue" et d'unir les céléibataires. Ils s'évaluaient avant de se choisir. Mais ne le fait-on pas tous, d'une manière visible ou d'une autre plus discrète?

  • @ hommelibre: "Mais ne le fait-on pas tous, d'une manière visible ou d'une autre plus discrète?" Tout à fait, moi en premier! Et pour tout avouer, un homme nu ne m'intéresse pas, une femme nue (ou non!) m'intéresse.

    Mais c'est plutôt la motivation de la femme qui m'interpelle. Pourquoi, dans quel but, s'exhibe-t-elle devant des millions de spectateurs (invisibles, mais bien présents)? Qu'est-ce qu'elle y gagne? Mystère.

  • @hommmelibre,

    Ce vieux monsieur dit beaucoup de choses intéressantes, avec énormément de recul.
    Il donne sérieusement à réfléchir, car il est plus connaisseur que la moyenne des hommes, de par son âge et de par sa profession. Il arrive très bien à s'exprimer.
    Beaucoup de choses sur l'attitude paradoxale des femmes qui disent "fais ci, fais ça", mais qui ensuite ne sont pas contentes si l'homme s'exécute trop docilement. C'est un message très fort, tant pour les hommes que pour les femmes et en cela, cette émission du 7 mai vaut le détour.
    Je trouve que c'est intéressant pour des femmes d'entendre ça, pour vérifier jusqu'à quel point cela les concerne, car il est évident qu'elles ne sont pas toutes pareilles psychologiquement, comme elles ne le sont pas physiquement.

    N'est-il pas intrigant qu'une telle émission ait lieu justement dans un pays, dont on pense que les hommes sont écrasés par le féminisme ?
    J'ai une confiance totale dans l'énergie des hommes.
    Votre idée, selon laquelle ils doivent apprendre à davantage s'exprimer verbalement est convaincante. Dans ce monde, la communication a pris tellement d'importance, que la force physique n'est plus le seul atout.

    En reprenant le dispositif de l'émission, on pourrait y voir un message subliminal très simple :
    Une femme est une femme parce qu'elle a le corps d'une femme. Celle qui se trouve là, en face de nous, en-dehors de tout son contexte socio-professionnel et en tant qu'archétype, doit entendre et écouter en silence ce que nous avons à dire. Et avec elle, potentiellement toute la plante.

    Pour aller au bout du projet, il reste à sous-titrer toutes les émissions !
    Faut-il comprendre que sans ce dispositif, les hommes ne pourraient pas s'exprimer ?
    Fallait-il aller jusqu'à la nudité totale et vivante ? Pourquoi faut-il attirer le public une fois de plus par le corps d'une femme nue, pubis y compris ?
    (En repensant à Manet et à un autre de ses tableaux célèbres, qu'on nous a montré abondamment à la télé, "L'origine du monde" : ces femmes danoises n'écartent pas(encore)les jambes.)
    Comprenez-moi bien : je ne suis pas contre cette façon de faire, du moment que chacun y participe de son plein gré. Nous sommes d'ailleurs libres de regarder cette émission ou pas.
    Mais comme face à toute télé-confession-intime et mise-à-nu, je reste perplexe.
    Fondamentalement, cette émission pose des questions du statut des médias et du rapport des individus avec leur image publique.

  • Le commentaire de Calendula | 10 mai 2013 me fait penser à d'autres situations dans lesquelles des femmes aiment exposer leur corps nu devant des "inconnus", par exemple comme modèle pour sculpteurs et peintres ou encore pour photographes.

    Etant moi-même photographe avec une bonne collection de photos de femmes nues de ma propre manufacture, je me suis toujours posé la question de savoir quelle est la motivation d'une femme ou d'un homme de poser nu.

    Pour le dire avec les mots de Calendula: "Fondamentalement, [ce phénomène] pose des questions [...] du rapport des individus avec leur image publique." J'essaie juste de comprendre, sans porter de jugement, j'admire le corps féminin et je profite pleinement de ce "phénomène" pour mes travaux photographiques.

  • "Une émission danoise qui humilie les femmes. "

    où les femmes auraient t'elles un besoin d'exhibition

    http://www.dailymotion.com/video/xnagme_mardi-gras-compilation_sexy

    mardi gras à la nouvelle orléans

  • @ Benpal:

    D'accord avec vous. Idem pour moi, le corps d'une femme m'émeut, me touche. Par ailleurs je ne parle pas de la même manière à un homme qu'à une femme, simplement parce que les arrière-plans ne sont pas les mêmes. Je l'assume sans problème. Cela ne crée aucun sentiment de discrimination chez les uns et les autres. Nous assumons une différence dynamique en tant que personnes sexuées, sans préjuger des autres qualités individuelles.

  • J'allais justement dire pareil que leclercq, quant aux motivations de ces femmes dénudées; il s'agit d'exhibitionnistes tout simplement, il y en a toujours eu et il y en aura toujours.

    Au fait, le CSA a épinglé l'émission groland qui présenterait des contenus dégradants de la femme. Voici leur réponse en guise de bras d'honneur (avec la finesse qu'on leur connait) :
    http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid1787-c-groland.html?vid=862612
    Pour une fois groland m'a bien fait marrer. Il ont dû bien comprendre que c'est les mêmes connasses du CSA et consort qu'on retrouve après à s'exhiber lors de journées de la jupe ou autre, mais avec cette fois l'intention de narguer les hommes pour exorciser leur peur obsessionnelle du viol.

    Il y aurait tant à dire sur ce sujet, c'est révélateur de beaucoup de choses. J'avais lu sur un site antiféministe je crois, quelque chose comme le fait que la femme était soumise aux féministes. Ce n'était il me semble, pas complètement dit dans ce sens, mais si aujourd'hui on devait parler de femme objet il faudrait y inclure la plupart du temps le rapport entre les femmes et les féministes. Les féministes entretiennent avec les femmes une relation d'ordre saphique qui leur fait rager de voir échapper leurs promises pour les bras des hommes. Et c'est ça qui les dérangent. Les femmes seraient leurs objets, incapables de penser ou d'agir de manière autonome, uniquement là pour satisfaire leurs désirs et leur idéologie. L'homme serait le rival, ou le méchant, et les femmes des princesses qu'elles viendraient conquérir ou sauver.

  • merci didier j'aime bien la réintroduction de Dario

    http://www.canalplus.fr/c-divertissement/pid1787-c-groland.html?vid=862612#pid1787-c-groland.html?vid=823186&_suid=136825333796800006640395990656911

  • Bonjour, benpal,

    Je vois une différence majeure entre la situation du modèle qui pose nu pour un peintre ou un photographe et une femme qui se tient nue devant deux hommes assis sur un canapé qui partent de détails de son corps pour parler de leur rapport au corps féminin et aux femmes en général. Et cela à la télévision.

    Dans le premier cas, le but est artistique, au sens large et le cadre est intime. A la fin, on a une oeuvre, l'artiste aura effectué un travail, grâce au modèle. Il se peut que cette oeuvre soit très réaliste ou très abstraite, que le modèle soit reconnaissable ou pas. On peut y voir la personne en entier ou juste un fragment. Tout cela est un procédé traditionnel, bien connu et il peut s'appliquer à un homme ou une femme. Au fond, il s'agit de l'art du portrait.

    Dans la mise-en-scène télévisuelle de la chaîne danoise, on se trouve devant une innovation.
    Je trouve assez normal qu'on ne comprenne pas tout de suite de quoi il s'agit. Des féministes ont sorti leur étiquette pavlovienne - OK. Ce n'est pas surprenant.
    On peut chercher plus loin.

    Certes, les cameramen (ou camerawomen, après tout, on ne sait pas...) font un travail de qualité. Les modèles sont visiblement à l'aise, jusqu'au point de se montrer complètement nues. Elles, elles ont enlevé le bas et montrent ce qu'il est rare de voir en public : leur pubis nu.
    On pourrait déjà s'arrêter là et se demander si ces femmes sont simplement libres, ou si elles ont besoin d'argent, si elles sont des militantes d'un mouvement non-identifié, si ce sont des strip-teaseuses expérimentées etc etc

    L'oeuvre finale visée est le discours de deux hommes.
    Il faudrait pouvoir passer a-delà de ce corps nu, en faire abstraction, en quelque sorte.
    Mais c'est une injonction paradoxale, car l'attrait du corps nu est immense, notre curiosité à tous est tellement sollicitée. Quand est-ce qu'on peut voir une personne nue de si près et l'observer sans gêne, tranquille derrière son écran ?
    Peut-être qu'après 3-4 émissions, on sera capable d'écouter vraiment la discussion, car on sera habitué au dispositif. Pour le vérifier, il faudrait qu'on nous sous-titre toutes les émissions ...
    Vous allez trouver que je fais de l'égalitarisme pavlovien, mais je me pose malgré tout la question : si on admet qu'on peut ainsi montrer des femmes nues vivantes, pourquoi pas des hommes ?
    Est-il plus choquant ou difficile de voir un homme entièrement nu ? C'est en tout cas très rare. Il y a la tradition des statues antiques, le David de Michelange, mais ensuite, ça devient plus rare.
    Grâce à cette émission danoise, on peut se poser plein de questions sur la nudité publique, à un moment où il y a tout un débat sur la vidéo-surveillance dans la rue. Il ne s'agit pas seulement d'une question féministe ou d'un néo-protestantisme rabat-joie.
    Dans notre société, on trouve des positions très extrêmes et bien opposées face à la caméra : certaines personnes se sentent envahies dans leur vie privée en étant filmées dans la rue, alors que d'autres se montrent toutes nues à la télé ( au sens propre ou figuré).

  • En attendant des sous-titres sur les autres épisodes (j'imagine dès que d'autres chaines comme RTS, Canal+, ARD ou BBC achètent les droits si ils osent les diffuser), voici un court reportage sur ARD qui inclue quelques secondes de doublages en Allemand: http://mediathek.daserste.de/sendung-verpasst/14377410_ttt-titel-thesen-temperamente/14377444_talkshow-als-peepshow-aufregung-im-daenischen?datum=20130428

  • @Charbax,

    Merci pour le lien ! On en apprend de plus en plus et par petits morceaux.

    Pour ceux qui n'ont pas envie de tester leurs connaissances d'allemand :

    Pour l'animateur de la première chaîne allemande, il est clair qu'il s'agit de faire de l'audimat.

    T. Blachman est fier de son concept et content de réussir à provoquer et il pense que les professionnels qui critiquent son émission sont au fond des envieux, qui regrettent de ne pas avoir eu l'idée eux-mêmes.

    L'une des dames nues a accepté de témoigner : elle est mère deux adolescents et ..... prof. Ca a été une sorte de défi personnel.

    Non mais allllô - comme dirait l'autre.

    A Genève, il n'y aurait pas que des féministes et des protestants pour s'offusquer de cette nudité-là et je ne leur donnerais pas tort. (Je perdrais mon job, sans aucun doute.)

  • Le lien vers le commentaire en allemand est utile. Même si mon allemand laisse à désirer j'y ai puisé quelques compléments d'info. Merci à vous aussi Calendula.

    L'audimat, vu que l'émission passe en prime time si j'ai bien compris, c'est inévitable. D'ailleurs Victor Hugo lui-même ne désirait-il pas être lu et entendu largement? Se serait-il contenté d'un petit lectorat confiné aux classes de littérature? Pas sûr... (Ciel, j'en viendrais à ne plus voir dans l'audimat le diable si décrié!!!) :-)

    Sur le fond cela ne change pas mon point de vue. Il y a un contenu novateur et intéressant. Je comprends ce que vous écrivez sur la pudeur, Mère-Grand, mais au fond la pudeur est une notion qui concerne les intéressés. Il n'y a pas d'obligation, sauf sur la voie publique. Je ne suis pas contre la pudeur: je trouve que l'émission de Sophie Davant en manque singulièrement. Mais je vois aussi l'aspect expérimental et transgressif, qui me paraît avoir du sens. L'impudeur elle-même est parfois source d'intensification dans une relation. Même l'impudeur émotionnelle.

    J'ai lu un comm ailleurs qui reproche à cette émission de féminiser le discours masculin, parce que les hommes devraient surtout ressentir très vite et ne pas verbaliser! Moi je suis pour la verbalisation qui est aussi un pouvoir et un outil d'échange. Et si la verbalisation se déploie ainsi sur l'intime c'est qu'il y a un besoin. Le mouvement est amorcé de longue date: Proust et d'autres ne se dévoilaient-ils pas dans leur intimité? Celle du corps est-elle moins significative que celle des sentiment ou de l'âme? Je dirais qu'on en a moins l'habitude.

    Calendula: je suis aussi estomaqué que vous en apprenant que la dame interrogée est prof et mère. Sûr qu'à Genève elle perd son job. Je suis partagé entre l'aspect provocateur et gonflé de la prestation, et le libéralisme qui permet cela sans qu'elle soit agressée. Mais les images ne sont pas triviales. C'est une réussite de ce point de vue.

    A part cela, je n'aime pas les gros seins style "made in America"... :-)))

  • Pour les jeunes, c'est-à-dire pour tous sauf moi, il est bon de rappeler que les pays nordiques en général, la Suède, le Danemark et les Pays-Bas, se sont distingués au début de ce que l'on a appelé "la révolution sexuelle" des années '60 par une extrême liberté dans l'évocation et l'illustration de la sexualité sans tabou.
    Les USA nos proposaient alors (outre de célèbres films pornographiques comme Deep Throat) les évènements culturels du Living Theatre et de Woodstock, des films comme Hair et The Graduate, mais aussi des travaux scientifiques sur la sexualité en action comme ceux de Masters and Johnson, qui s'intercalent entre le rapport Kinsey et les deux rapports Hite. Hefner de Playboy finançait la défense juridique de personnes aux prises aussi bien avec la négation des libertés civiles et politique qu'avec de vieilles lois concernant des transgressions (criminalisées dans nombre d'Etats) des normes de comportement sexuels admis: ces comportements criminels étaient aussi bien la sodomie que les contact bucco-génitaux à l'intérieur non seulement entre adultes consentants, mais même à l'intérieur d'un couple.
    Pendant ce temps les pays du Nord cités ci-dessus offraient aussi bien en vente ou en diffusion souvent tout-à-fait libre, des écrits, des photographies et des films montrant non seulement les rapports sexuels des films pornographiques dits normaux, mais également ceux qui impliquaient les homosexuels, les couples de tous âges, des adolescents, des enfants et même des animaux.
    Non que cela n'existât pas ailleurs, ni à d'autres époques évidemment, mais il y avait là souvent (je ne parle pas de ce que l'on pourrait appeler des "perversions" extrêmes) un aspect de désir de normalisation, un aspect pédagogique, une volonté de libération presque totale des carcans du passé. Il est possible que l'émission que vous mentionnez abondamment hérite un peu de cette liberté et de cette ouverture particulière des gens du Nord envers les choses du corps et du sexe, liberté conquise peut-être contre une rigueur et une sévérité tout aussi présente et qu'illustrait merveilleusement bien le grand Bergmann.

  • "J'ai lu un comm ailleurs qui reproche à cette émission de féminiser le discours masculin"
    Ben de premier abord j'y est tout de suite pensé moi aussi. Je me suis dit encore un concept scandinave où on va voir des types dits "modernes" avec des désirs de féministes vanter les mérites de la féminité (chez l'homme biensur), et critiquer l'archaïsme des désirs masculins forcément réactionnaires. Malheureusement, le lien avec la version sous-titrée ne fonctionne pas chez moi. Pas moyen de savoir ce qu'ils racontent.

    J'ai remarqué justement qu'on prétendait libérer la parole des hommes, mais de manière très sélective; la libérer à l'unique condition qu'elle soit compatible avec ce que les femmes féministées veulent entendre; belle libération... c'est vous savez tous ces discours un peu neuneu genre "je suis en admiration devant elle, les femmes ont plus de pouvoir, en fait ce sont les hommes qui sont faibles etc...".
    Donc si quelqu'un pouvait retranscrire en quelques mots ce que disent les types assis. Ca serait intéressant, parce que je me demande qu'est-ce qu'il doivent bien pouvoir donner comme commentaires à part "elle a un beau cul, jolis nibards, elle a un giron bien dessiné" (remarquez c'est déja pas inintéressant).

  • @ Mère-Grand

    Oui mais je n'ai pas l'impression que ces gens du Nord aient vraiment une ouverture particulière envers le corps et le sexe, malgré les apparences. De mon point de vue (et ça rejoint ce que je disais plus haut, libération de la parole des hommes à condition que...), on ne peut dissocier cette apparente désinvolture, d'une volonté féministe de renverser l'ordre établi dit patriarcal d'avant, en l'ocurrence très marqué religieusement et donc rigide sexuellement.
    Pour moi il y a un fil directeur, et ce n'est pas celui de la liberté sexuelle, mais plutot celui du féminisme. Particulièrement en Suède où en parallèle à ça on affaiblit l'autorité paternelle (fessée interdite), on subventionne des films pornos lesbiens, mais on interdit la prostitution en sanctionnant le client (un homme la plupart du temps), dans un pays soit-disant si ouvert.

    D'ailleurs vous évoquez les USA également. Justement beaucoup de gens ont tendance à confondre les deux modèles pour ce qui est de cette liberté sexuelle, hors pour moi le modèle américain et le modèle suèdois sont carrément opposés dans le fond voire même dans la forme. S'il est vrai que divers courants féministes entre autres ont participé à la révolution sexuelle américaine, ce qu'il en a résulté c'est une plus grande liberté de plus d'individus, dans ce pays de forte influence libérale. Pour la Suède et plus ou moins les pays voisins, cette révolution était animée non pas par la liberté, mais par un égalitarisme et un féminisme, dont on constate la misandrie de nos jours.

  • Mère-Grand, la mise en perspective historique que vous faites est utile. Elle montre un processus de société et déroulement, et dont on oublie parfois les étapes. On oublie aussi combien ce processus avait été vécu comme libérateur à une époque. Vous citez Hair, icône flamboyante d'une vague de fond.

    Oui, je penser que cette émission est l'héritière de ce mouvement. A l'époque il y avait une volonté de théoriser, peut-être pour se faire accepter. Aujourd'hui on est passé à une autre étape, plus directe.

    Je pense qu'en fait le processus n'est pas terminé.

    Je crains davantage Sophie Davant que Blachman! Son émission vire trop souvent à la thérapie de groupe et là on n'est dans le plus grand irrationnel.

  • @Didier
    Le féminisme que vous critiquez, c'est-à-dire le féminisme extrémiste me semble être né un peu plus tard aux USA, marqué notamment par le livre de l'Australienne The Female Eunuch (1970). D'après mes souvenirs, il n'a fait des ravages dans un pays comme la Suède que bien plus tard. La Suède d'aujourd'hui me semble avoir dérivé plus tard vers ce que vous décrivez et qui me semble détestable par ses excès.
    Il est d'ailleurs amusant que nombre de Suédoises semblent rechercher des hommes du Sud et souvent de couleur: est-ce pour retrouver une masculinité (ou même une pointe de machisme) que l'idéologie féministe et égalitariste dominante a neutralisée (au sens anglo-saxon du terme)?

  • "ce qu'il est rare de voir en public : leur pubis nu."

    Pas si rare que celà... c'est juste que les individus ne les remarquent pas sur le moment. Surtout dans les pays du nord, et les femmes en tenue d'Eve sous leurs vêtements tendent à être moins minoritaire qu'autrefois, évolution des moeurs oblige.
    Je ne sais pas si c'est la miniaturisation des objectifs paradigme du voyeur lambda ou la banalisation de la sexualité via les médias depuis quelques décennies, mais j'ai plutôt l'impression que le pubis est plus facilement accessible visuellement qu'à une certaine époque.
    Bientôt les gamins n'auront plus besoin de l'éducation nationale pour découvrir la sexualité

    @Mère Grand

    Je suis en train de me faire Fausse Route de Badinter qui explique justement que le féminisme libéraliste a précédé le féminisme radicale. Et le féminisme radical est effectivement né aux USA et les conséquences qu'on lui connaît : amalgame entre viol et relation sexuelle, entre harcèlement et un besoin de communication avec la collègue d'en face, mais surtout le mythe de la domination masculine, qui d'après Badinter ne viendrait pas de Bourdieu, ce que j'ai aussi longtemps cru surtout en ayant lu un billet là-dessus. Dans ce cas de quoi se sont inspirés les féministes pour bâtir leur légende habituelle ? Celà demeure mystérieux

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