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Langue de Trump

C’est une part de sa marque de fabrique: le langage d’invectives, sans manières, frontal. Stratégie politique précise dans un monde qui étouffe de plus en plus sous le conformisme moral? Ou nature propre et caractère singulier du monsieur? Peut-être les deux.

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Après tout, la personnalité compte. Si Obama a pu se montrer pusillanime ou ambigu sur certains dossiers c’est peut-être également, en partie, dû à sa nature et son caractère propre. Obama tenait un langage propre, moral. Ce langage cachait certes des intentions, calculs et actions politiques pas aussi claires que l’idéal affiché (liberté, démocratie). Mais peu importait: on faisait semblant d’y croire.

L’élection du Donald a révélé l’arrière de ce langage. Ce sont les gentils (par contraste avec Trump) qui ont déclenché des émeutes et tenu un langage de charretier.

Tiens, encore hier, suite à la volte-face de Trump sur le communiqué commun du G7, l’acteur Robert de Niro clamait: « Fuck Trump » avant de lever les poings comme une marionnette dans une parodie du président. En deux mots (plus court que le Donald!) il synthétise la gauche américaine.

Scène hallucinante: l’assemblée qui l’écoutait lors des Tony Awards, une cérémonie d’auto-congratulation du théâtre américain, a ovationné ce De Niro en porte-parole du camp du Bien et de cette classe mondialisée (image 1 et 2 et vidéo en bas).

Entre Trump et De Niro on ne sait lequel est le plus vulgaire, le plus charretier, puisqu’il s’agit de cela. Mais ils parlent vrai. Ils expriment ouvertement les confrontations idéologiques et personnelles. Macron semble vouloir prendre la balle au bond. Il s’oppose aux « petites colères de Trump » et suggère: « Soyons sérieux et dignes de nos peuples. »

 

 

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Le mépris contenu dans ces deux mots: petites colères, n’a échappé à personne. Trump fait descendre les autres dirigeants d’un piédestal de bonnes manières. Et puis, Macron parlant de nos peuples, c’est assez rigolo. Quel peuple? En quoi ce peuple est-il le sien? Plus convenu tu meurs. Très décevant l’Emmanuel, sur ce coup.

Cependant je constate que quand le Donald envoie deux tweets sans insulte, la presse écrit, en synthèse: « Salve de tweets ravageurs de Trump ». Or quand le jeune Emmanuel envoie lui aussi deux ou trois tweets de suite à propos du G7 on ne parle pas de salve (comme une salve de tirs). On l’a compris: cette information n’informe pas, elle formate à vive allure et sans complexe.

Trump s’en moque. Il casse le ronronnement qui prévalait. Il change la méthode. Il redéfinit des objectifs (réduire la dette, par exemple).

Je ne suis pas conquis par le langage de Trump, ni convaincu par l’éventualité d’un protectionnisme sans nuances. Les analyses divergent sur cette question. Pour moi, tout dépend des points précis sur lesquels un protectionnisme s’applique, en vue de préserver un équilibre des échanges avec ses partenaires. La Nation, entité qui justifie et territorialise le protectionnisme, a une fonction mais n’est ni un tout ni une fin en soi.

Je n’ai pas plus d’affinités avec la nouvelle classe médiatique dirigeante, culturellement dominante et économiquement puissante. Le mode de vie des stars ne m’intéresse pas sauf à titre de chronique de société et de miroir de nos illusions. Je ne peux totalement écarter le soupçon qu’au fond ils n’agissent que pour leurs propres intérêts. Ce qu’ils veulent? Argent, reconnaissance, pouvoir. Du classique.

 

 

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Par exemple, je ne crois pas une seconde qu’annoncer au monde un don en faveur d’un pays pauvre modifie le comportement intérieur de celui ou celle qui le fait. C’est du marketing. Je préfère penser à l’imperfection où nous sommes, et au travail intérieur long et progressif d’amélioration personnelle.

Ce que nous faisons de bien doit rester discret afin que nous n’en tirions aucune gloire. Pourquoi? Parce que cette gloire détournerait une partie du bénéfice de l’action à notre profit, ce qui réduirait la valeur du but idéal. Seul notre coeur est dépositaire de notre acte.

Un jour les parents transmettent cela à leurs enfants. Ce sont eux qui impriment le modèle, dans un espace de confiance et de dialogue. Des stars millionnaires dont nous ne connaissons pas la vie n’ont pas à devenir des modèles moraux ni à montrer un chemin. C’est l’affaire des proches.

Trump ne s’y trompe pas, qui n’invoque jamais d’argument moral et ne prétend pas être un modèle. On est loin de l’engluement émotionnel provoqué par les Obama. Les distances se rétablissent. On parle un peu plus librement. Par certaines décisions et par sa langue, et par sa personnalité même, Trump redéfinit le jeu et la manière de jouer.

 

Mais je crois bien qu’hier, la langue de Fuck-Fuck la marionnette a gagné sur celle de Coin-Coin le Donald.

 

 

 

 

 

 

 

 

Catégories : Humour, Politique 9 commentaires

Commentaires

  • "Très décevant l’Emmanuel, sur ce coup." Il les aligne, les conneries fumeuses. Parler de cynisme à propos du refus de l'Italie d'accueillir les migrants de l'Aquarius, c'est vraiment se foutre de la gueule du monde. La France n'accueille aucun migrant et refoule en Italie ceux y ont débarqué. Il n'y a qu'un Français pour avoir un culot pareil.

  • Un ministre italien fait remarquer aujourd'hui que la France a refoulé 10'000 migrants depuis le début de l'année...

  • En fait se sont tous des charretiers ils y a ceux qui assument comme Trump et les autres qui passent leur temps à des niaiseries pour se faire bien voir. De Niro est un clown méchant qui a fait fortune grâce à son physique de dur. Tous ses films se ressemblent.

  • En fait chacun fait son show pour SON public ! Imaginerait-on de Niro faire son cinéma dans l'Amérique profonde lors d'une soirée rodéo ? Bien sûr que non ! Il était là dans une réunion d'une caste bien particulière, bien pensante et qui a fait du président un bouc émissaire commode. Facile et sans grand risque donc plutôt décevant sur le coup pour un de Niro qu'on a connu mieux inspiré. Me reviennent à l'esprit les commentaires suivant l'élection de R. Reagan en 1980! Une constatation que je fais pratiquement à chaque législature : un président américain qui est adulé ou admiré en Europe est souvent plutôt en retrait dans l'opinion de l'américain standard et vice versa quand il est critiqué en Europe. (il en fut ainsi avec Kennedy, Nixon et bien d'autres). Pour en revenir à Trump, personnage hors norme certes, il sera peut-être celui qui fera le plus bouger les choses car force est de constater que politiquement parlant le monde est plutôt dan un statu quo ronronnant comme si chacun se satisfaisait que rien ne change vraiment (à part la course galopante au tout-argent et aux gains immédiats).

  • Quand la presse parle de "salves de Tweets", c'est que Trump en envoie soudainement plusieurs de suite !

    "His fury with the media reached its peak on 28 May, when he sent six tweets in 12 minutes early in the morning attacking "fake news"'. The tweets were posted hours after media outlets reported that his son-in-law and adviser Jared Kushner tried to set up a secret backchannel with Russian officials."

    https://www.bbc.com/news/world-us-canada-42651688

    Dans ce même article, on peut voir un graphique qui montre que ces tweets sont envoyés généralement tôt le matin.

    Trump tweete vraiment beaucoup et cette prolixité peut donner une impression hystérie, avant même d'entrer dans le détail du vocabulaire utilisé.

    Si on va dans le détail, on constate que contenu des tweets est très souvent critique ou dépréciatif.
    Ici, on peut apprendre qu'en juillet 2017, il avait critiqué 650 personnes, lieux ou choses.

    https://www.nytimes.com/interactive/2017/07/26/upshot/president-trumps-newest-focus-discrediting-the-news-media-obamacare.html
    A présent, il doit avoir bien dépassé ce chiffre !

    Il est également très intéressant d'observer qui n'est pas critiqué par lui.Il trouve le temps de s'exprimer quotidiennement à propos d'une foultitude de choses, mais parfois : pas un mot.

    Cette propension à proférer des critiques, à inventer des sobriquets et à exagérer en bien ou en mal est contagieuse. Son entourage peut déraper et comme sur le blogs, l'habitude est prise d'attaquer frontalement des personnes qui déplaisent. A la Donald Trump.
    Justin Trudeau en a fait les frais, puisqu'un conseiller de D.Trump a réussi à dire, suite au G7 et après que le président ait donné le ton sur Twitter, qu'il y avait un endroit tout exprès pour Trudeau en enfer ! ( a special place in hell).
    C'était tellement excessif et surtout bizarre, au moment où Trump rencontrait un dictateur nord-coréen, qu'il a dû s'excuser.
    J'aurais aimé demander à ce A. Navarro comment il faisait pour être aussi familier de la topographie de l'enfer, mais je n'en ai pas eu l'occasion ! ;-)))

    A un moment donné, quand on pousse le bouchon tellement loin, les mots perdent leur sens. L'hyperbole permanente donne l'impression d'une impulsivité mal à sa place.C'est épuisant et comme on dit : "tout ce qui est excessif ...". Ça vaut aussi pour Robert DeNiro.
    Je ne trouve pas que le style de Donald Trump apporte quelque chose de valable ou d'utile au débat public. Il l'embrouille plus qu'autre chose.

  • réduire la dette

    ...

  • uranus2011@ "Une constatation que je fais pratiquement à chaque législature : un président américain qui est adulé ou admiré en Europe est souvent plutôt en retrait dans l'opinion de l'américain standard et vice versa quand il est critiqué en Europe."
    C'est valable aussi pour la Russie : Gorbatchev était unanimement détesté - et probablement l'est encore - par quasiment tous les Russes et Poutine est élu par une immense majorité de ses concitoyens...

  • "réduire la dette" (lol)


    Au mois d'avril, la Russie a balancé dans le marécage des marchés 50 milliards de dollars-plomb (des vrais dollars de dette fiduciaire que les US doivent à ceux qui ont payé pour croire et chanter très fort "We Are The World"), que les crabes Nouillorquais doivent maintenant hacher menu, en faire des milliards de "Organic Liberty Burgers, 200% american soybeef", et d'en nourrir les zanimaux et les zamis des bêtes du zoo facebook dans une grande opération de socialisation fraternelle de la dette, permise par cette merveilleuse et émouvante nov-économie dans laquelle la douleur du porte-monnaie vide, les secrets des rebouteux, et les mantras personnels de méditation transcendentale se partagent.

    http://ticdata.treasury.gov/Publish/mfh.txt

    On s'attend rapidement à voir d'autres barques centrales s'alléger, en particulier celles du Brésil, de l'Inde, et du Mexique qui apparaissent toutes comme prenant l'eau.

    Des nouvelles rassurantes de l'Argentine, actuellement sous respiration artificielle aux soins intensifs du FMI, après avoir été sucé au fond du marécage par une grosse bulle de vide laissée après le suçage du peso par le foreur-suceur de cerveaux du Texas Michael McCaul, membre de la compagnie de Jésus rattachée à l'armée de Mike Pence, et par le masseur-coupeur-suceur professionnel de prépuces du New-York Eliot Engel, l'un des masseurs de Hillary Clito.

    https://en.wikipedia.org/wiki/Michael_McCaul
    https://en.wikipedia.org/wiki/Clear_Channel_Communications

    https://en.wikipedia.org/wiki/Eliot_Engel


    https://www.youtube.com/watch?v=YbEVyIFfPuU

    https://www.clarin.com/politica/unidos-lanzan-grupo-parlamentario-fortalecer-relacion-argentina_0_rkfneuQEG.html

    https://www.wilsoncenter.org/about-the-argentina-project

    https://www.mrecic.gov.ar/en/creation-argentina-us-parliamentary-friendship-group

  • Je trouve intéressantes ces remarques de Uranus et de Géo sur la popularité des présidents dans leurs pays et ailleurs. Elles suggèrent que nous ne nous sommes pas émancipés des pouvoirs hiérarchiques et que nous avons toujours besoin d'un bon berger.
    J'en viens à me demander si nous évoluons ou bien si nous tournons en rond. J'aimerais croire, ou plutôt vérifier, la spirale qui nous mènerait vers un point Omega comme semblent le suggérer dans le désordre, Sri Aurobindo, Nitsche, le Dalaï Lama, Jésus, les franc maçons, les rosicruciens, le père Theillard de Chardin et tous les autres. Pour le moment je me contenterai de saluer l'humilité retrouvée de la science qui se permet l'impertinence, l'insolence, seule garante d'un esprit ouvert et curieux.

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