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Inondations France : rien à faire, c'était écrit

Inondations France : rien à faire, c'était écrit.

Crue centennale, affirme la météorologie française. En effet. Trois crues successives en cinq jours. En fait les premières pluies de la tempête Ciaran, diluviennes, ont saturé les sols.

 

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Les précipitations suivantes, très abondantes elles aussi, n’ont pu que ruisseler sur l’eau déjà présente. La catastrophe est inarrêtable. Il faut savoir que:

« Le risque d’inondations est considéré comme le risque naturel majeur menaçant la France Métropolitaine selon l’institut gouvernementale GÉORISQUES. Tout le territoire français est susceptible de souffrir de ce phénomène naturel, qu’il s’agisse des zones urbaines, rurales, des plaines, des reliefs et bien sûr, des littoraux. Le risque peut être déclenché par des précipitations de fortes intensités et durables, de submersion par la mer et débordement des cours d’eau, ou par remontée des nappes phréatiques. »

Si depuis une année on nous annonce devoir s’attendre à de plus en plus de sécheresses, en 2018 par contre:

« … le réchauffement climatique aurait un impact direct sur l’apparition des inondations en Europe, une catastrophe naturelle particulièrement dispendieuse. Dans l’avenir, l’air plus chaud contiendra davantage d’humidité qui sera par la suite libérée par les pluies et la neige. »

On ne sait que croire, mais la fréquence des inondations en France est élevée et bien répandue dans l’espace, avec quelques régions plus vulnérables: Loire, Rhône, Ardèche, Tarn, Cévennes, etc. L’image 1 met en graphique les grandes inondations de la Seine de 1649 à 2016.

 

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Les crues majeures et exceptionnelles sont plus fréquentes aux 17e et 18e siècles que plus récemment. À Montpellier (image 2) rien n’indique une aggravation des crues. L’image 3  représente les crues de la Meurthe, dans l’est de la France.

Si parfois les sources anciennes sont incomplètes, on constate que les siècles passés ont étés autant voire davantage qu’aujourd’hui touchés par des grandes inondations.

Depuis les années 1950 certains facteurs sont apparus qui favorisent les inondations. L’urbanisation et la couverture imperméable grandissante, l’augmentation démographique qui pèse sur les infrastructures, les corrections malencontreuses de certains cours d’eau, le tassement des sols agricoles, entre autres. 

Et en l’état il n’y a rien à faire pour arrêter la pluie. Ce n’est pas nouveau. D’immenses lames d’eau ont été relevées à différentes époques en différents lieux:

« Parmi les précipitations records observées par le passé en France, on peut citer quelques événements remarquables : 792 mm en 21 heures à Joyeuse (crue de l’Ardèche du 9 octobre 1827), 687 mm en 21 heures à Anduze (crue des Gardons du 8 et 9 septembre 2002), 950 mm en 24 heures à Valleraugue (crue du Tarn du 28 et 29 septembre 1900), 1 000 mm en 24 heures et 1 930 mm en 5 jours à Saint-Laurent-de-Cerdans (crue du Tech du 16 au 21 octobre 1940). »

 

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Lors de la grande crue de la Seine de janvier 1910 ce sont, hors Paris, 30 000 maisons sinistrées, 150 000 victimes, pour une durée d’inondation de plusieurs semaines selon les endroits.

Les actuelles inondations dans le Nord du pays, sont ou non un effet du réchauffement. Mais à voir le passé, il n’y a pas besoin de cela. La nature y a pourvu. Pluies diluviennes, ou très abondantes, inondations extrêmes, du nord au sud il y en a toujours eu, et parfois plus qu’en notre siècle. Rien de probant n’incrimine en particulier le réchauffement.

Difficile donc de faire la part des choses entre les projections mathématiques de modèles incertains qui veulent prédire l’avenir climatique (alors même que les modèles météorologiques par exemple divergent de 8° à 10° sur les températures à 5 jours, image météoblue de fin), et la réalité observable. Dans un système chaotique comme la météo ou le climat, plus on prévoit loin plus le risque d’erreur grandit.

Sur la réalité observable aujourd’hui il n’y a rien à faire. Sauf attendre, et reconstruire quand l’eau se retirera. Et anticiper l’avenir. Nous pouvons en partie tempérer le destin, par différents aménagements écologiques, comme les Pays-Bas qui ont réalisé de grandes œuvres et ont modifié leur destin, mais je doute que nous puissions tout contrôler.

 

inondation,pas de calais,climat,réchauffementLa Liane

Car la géographie est écrite. L’un des cours d’eau en cause actuellement, mais non le seul, est le fleuve La Liane. Ce qu’en dit Wikipedia:

« La Liane est un petit fleuve fort abondant, bien alimenté par les fortes précipitations de son bassin. La lame d’eau écoulée dans son bassin versant est de 483 millimètres annuellement, ce qui est largement supérieur à la moyenne d’ensemble de la France tous bassins confondus, ainsi qu’à la moyenne du bassin de la Lys toute proche par exemple (249 millimètres par an à Wervicq-Sud). »

Petite mais costaude, La Liane traverse des marais et bocages entre Saint-Omer et Boulogne-sur-Mer. Indice de saturation de base de certains terrains. Ce n’est pas tout. La Liane était sous haute surveillance. Un rapport scientifique de 57 pages annonçait en 2001 le risque grandissant de submersion: « Sédimentation sableuse et conséquences sur l’inondabilité de la vallée de la Liane. »

Titre éloquent. On pouvait lire en 2001 déjà:

« Les trois dernières années dans le département du Pas-de-Calais ont été marquées par des inondations continues qui ont entraîné beaucoup des dégâts et qui ont coûté très cher aux administrations locales.

 

inondation,pas de calais,climat,réchauffementAménagements

La présence de dépôts sableux comme ceux qui ont déjà obstrué le bassin Frédérique Sauvage est inhérent à la géologie du bassin. Il faut donc réussir à limiter l’érosion et le transfert rapide des eaux chargées avant toute chose. S’il est vrai que les niveaux de pluie enregistrés ces dernières années semblent montrer une hausse importante, la pluie n’est pas la seule responsable de ces problèmes. Les pratiques agricoles actuelles, la modification de l’occupation du sol et le manque d'entretien des cours d'eau sont entre autres les causes de ces dysfonctionnements. »

C’était écrit.

Alors? À court terme il n’y a rien à faire. À part des ronds dans l’eau. Le réchauffement a bon dos, quand il ne sert pas de cache-nez aux politiques publiques insuffisantes - si même elles ont été seulement envisagées, alors que les inondations ont toujours existé.

Sur les aménagements à réaliser ils seront à la mesure du risque estimé et des engagements financiers supportables. Faut-il construire pour 2100, sans aucune certitude que ce phénomène se reproduira précisément là, plus souvent, plus intensément, sans détenir de certitude statistique sur l’évolution à venir? La seule certitude à peu près solide est qu’à construire en zones inondables, ce que nous construisons sera inondé. Inévitable.

Bref. Inondations: entretenons les cours d’eau, laissons respirer la terre, rendons de l’espace aux rivières, construisons les maisons à des endroits sûrs. Mégafeux: entretenons les forêts, nettoyons les sous-bois, traçons des pistes pour faciliter les interventions, plantons des essences variées, créons des zones humides. Et traquons sans pitié les pyromanes.

 

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Catégories : Environnement-Climat, Météo 3 commentaires

Commentaires

  • Hola John, il n'y a pas grand chose à faire, en effet, à part comme vous le dites, des aménagements, nettoyages....
    La nature a ses propres lois et folies, depuis toujours.

    Mais nous vivons dans un époque où on accepte difficilement ou pas du tout ces phénomènes, où on doit trouver un coupable...et être remboursé!
    Les nuages, le vent ont-ils des assurances ?

    Bon week-end !

  • Bien vu Colette ! Les erreurs humaines, répertoriées par H.L., sont la cause première des dégâts. A la campagne, où je vis, on a détruit les talus à cause du remembrement, en redistribuant les terres et en agrandissant les champs. Les digues formées par les talus du bocage n'arrêtent plus les eaux qui remplissent les terres basses. C'est un exemple, parmi d'autres, des mauvaises décisions prises par l'Homme. Le réchauffement climatique n'y est pour rien.

  • Encore une fois, vous avez raison. Toutes les civilisations sont nées près des cours d'eau, leurs riverains en dérivant les eaux pour l'rrigation et l'alimentation en eau potable et pour l'lévacuation des eaux usées. Tout cela nécessite des travaux hydrauliques, soit le dragage des cours d'eau, le curage des caneaux et autres traveaux d'entretien. Toutes ces civiisations sont mortes par défaut d'entretien.

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