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Autorité parentale: mais qu’est-ce qui dérange les femmes socialistes?

Le débat est abondamment abordé dans la presse ces jours. Le Conseil Fédéral envisage d’instaurer l’autorité parentale conjointe par principe en cas de divorce ou de séparation. Jusqu’en 2000, le parent ayant obtenu la garde des enfants avait automatiquement, et seul, l’autorité parentale. Depuis 2000, elle peut être partagée si le parent gardien le veut bien.

Père1.pngCette situation est anormale, quel que soit le parent qui a la garde. Pendant le temps de l’union, les deux parents ont l’autorité parentale, par évidence. La séparation met fin au couple, mais pas à la parentalité. Imaginez que pendant des années vous avez suivi la scolarité et la santé de vos enfants. Et soudain, vous n’avez plus accès à rien, vous n’êtes parfois même plus informé-e des résultats scolaires de vos enfants.

Le parent non gardien est évacué, et à 85% les pères. De quoi décourager à s’investir auprès des enfants et déresponsabiliser le parent laissé pour compte.

L’autorité parentale conjointe peut simplement répondre au principe d’égalité. Mais plus encore, elle maintient un rôle éducatif pour les deux parents, et éventuellement un dialogue au-delà des conflits entre les parents. Ceci pour le bien des enfants.

Les femmes socialistes, Madame Roth Bernasconi en tête, y sont opposées. Bien curieux pour des personnes qui réclament à corps et à cris l’égalité hommes-femmes! Les arguments des opposantes sont pour le moins étranges. “Ce serait un moyen pour le père de contrôler la mère”, “C’est une ingérence dans la vie de la femme”, “C’est le retour de la suprématie du père”. On croit rêver...

Leur féminisme idéologique et unilatéral leur est monté à la tête! Car actuellement ce sont largement (pas toutes, mais beaucoup) les mères gardiennes qui contrôlent la vie des pères-hommes, qui font de l’ingérence, ou qui parfois font un enjeu pour obtenir que le père se plient à leur volonté et à leur pouvoir. Actuellement c’est le règne de la suprématie de la mère, ce qui ne semble pas déranger les opposantes. Les femmes socialistes devraient réapprendre les mots Partage, Responsabilité, Parentalité. Car dans leur propos elles s’opposent au nom des femmes, pas des enfants. Certaines vont plus loin: si le père a moins pris part aux tâches familiales il ne doit pas avoir l’autorité parentale. C’est donc un objet de chantage et de pression sur les hommes.

Donner envie aux pères d’être présents c’est établir clairement l’égalité dans l’éducation des enfants, donc l’autorité conjointe en cas de séparation.

Patrick Robinson est le porte-parole de la Coordination Romande des Organisations Paternelles (CROP). Cet homme a vécu l’enfer. Il a été une homme battu. “Griffures, coups, projectiles de tous ordres: l’ancien collaborateur de la Coopération suisse au Népal et dans la région andine a longtemps encaissé sans réagir. «Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. A chaque fois, elle me promettait que ça n’allait pas se reproduire. Et ça recommençait.» Dénigré devant ses enfants, devant ses amis, il finit par craquer.” (Le Temps du 11 février). Il connait donc bien ce qu'un homme, un père peut vivre et comment au final il peut encore être évacué. Mais il a finit - après de longues années - à obtenir la garde de ses enfants et à les soustraire à la violence de la mère.

Les organisations qu’il représente demande la mise en place de la médiation en cas de divocre, afin d’aplanir les difficultés et les conflits et de préserver les enfants. Cela marche très bien dans certaines régions d’Allemagne où cela a été introduit.

L’opposition des femmes socialistes et un faux combat, un combat idéologique. Elles ne se soucient pas des enfants mais uniquement des mères. Et la proposition parue dans Le Matin du jour n’est qu’un leurre: établir un contrat de divorce au moment du mariage. Sous une apparence progressiste, Madame Roth Bernasconi veut simplement faire oublier son opposition viscérale à l’égalité hommes-femmes.

 

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Catégories : société 8 commentaires

Commentaires

  • Bonjour Hommelibre,
    En ce moment ça légifère sur la famille de tous les côtés, mais je me demande si ceux qui pondent ces projets de lois poussent la réflexion un peu plus loin et prennent en compte tous les scénarios possibles qui pourront découler de cette loi ? Un exemple, dans ce cas précis est-ce que les promoteurs ont envisagés que, si l'autorité parentale est d'office donnée aux deux parents et que celui qui ne vit pas au quotidien avec l'enfant, par la suite, ne veut plus s'impliquer dans la vie courante de son rejeton ? Mettons qu'il faille prendre une décision pour l'enfant, qu'elle soit scolaire, médicale ou autre, le parent seul ne pourra décider sans l'accord de l'autre, alors qu'actuellement celui qui à l'autorité parentale prends seul une décision pour, je l'espère, le bien de l'enfant, et si le parent non détenteur n'est pas d'accord il règle cela avec l'adulte mais l'enfant est épargné. Or avec la proposition faite, rien ne pourra se faire sans l'accord des deux, donc il risque d'y avoir désaccord et en plus l'enfant devra attendre la validation de la part des deux parents pour qu'il puisse aller de l'avant. Où est le "mieux" pour l'enfant ?

  • Madame Maria Roth-Bernasconi, Conseillère nationale socialiste de Genève à Baden où elle faisait la promotion des pétards mouillés, a eu une nouvelle idée brillante pour se faire de la pub.
    Cependant, en lisant l'article du Matin, je ne vois pas vraiment où est le progrès, puisque cette magnifique idée laisse toute latitude aux avocat(e)s pour jeter de l'huile sur le feu le moment venu.
    (citation de l'article):
    «Il faudrait bien sûr prévoir une possibilité de corriger la convention si elle devait s'appliquer et que la situation des époux divorçant a beaucoup changé par rapport au moment de la naissance de leurs enfants», précise Maria Roth-Bernasconi.

    :o)

  • Certaines femmes aiment bien se prévaloir d'être à l'avant-garde du progrès humain et de la libération de la femme. Certaines prônent le matriarcat sans aucune place pour le géniteur/payeur. Je trouve que donner l'autorité parentale aux hommes est équilibré. Que va-t-il se passer dans les cas où les hommes qui vont abuser de cette autorité en emmenant les enfants à l'étranger?

  • @ Loredana: tout ne peut être résolu par l'autorité parentale conjointe. Il y a des cas particulier qui vont en effet se révéler au fur et à mesure. La décision d'autorité parentale conjointe par défaut doit pouvoir être révisée selon l'évolution de la situation des parents divorcés. Il serait utile pour cela de mettre en place des procédures accélérées, peut-être initiées par un médiateur, afin que dans la situation que vous décrivez le parent qui reste ne soit pas pénalisé.

    Je pense comme vous que les projets de lois sur le couple et la parentalité poussent comme des champignons actuellement. Ils semble qu'il y ait davantage un enjeu idéologique qu'une réflexion sociétale de fond. C'est regrettable, car les décision prises à la légère feront encore des dégâts pour les enfants et devront de toutes façons être révisées.

    @ demain: l'humain est l'humain, et comme je le dis ci-dessus l'autorité parentale conjointe ne saurait tout régler. L'enlèvement d'enfants restera un crime quel que soit le parent qui les emmène à l'étranger (des femmes aussi le font). Les enjeux du combat entre les parents après une séparation sont terribles car les enfants sont les otages des conflits, amertumes, vengeances, etc. C'est pourquoi la médiation doit aussi être instaurée. Elle donne d'excellents résultats là où elle est pratiquée. Beaucoup moins de conflits parentaux, une situation beaucoup plus stable sur la durée pour l'enfant. Cela dit dans le cas par exemple du départ d'un des deux parents pour l'étranger, la situation devra être révisée. Cela donnera peut-être encore lieu à des conflits, mais je crois que l'on ne peut pas tout éviter ni tout anticiper. De même pour la garde alternée: je connais plusieurs parents qui la pratiquent avec intelligence, et les enfants s'en trouvent bien. mais elle n'est possible que si les parents vivent à une distance raisonnable l'un de l'autre. La loi de base devra toujours être aménagée. Et aucune solution légale ne saurait donner l'intelligence à des parents ancrés dans le combat.

  • Justement Hommelibre, tout ne sera pas résolu et même rien du tout, car chaque cas d'un couple avec enfant qui se sépare/divorce ne pourra être pareil à un autre. J'ai plus l'impression que tout cela sert à légitimé les attentes des adultes plutôt qu'à se préoccuper de l'enfant. Or, pour moi deux adultes qui font le choix de mettre un enfant au monde devraient se dire, avant la conception, que cela veut dire mettre ses envies/besoins/aspirations personnelles et égoistes, de côté pendant au moins 20 ans. Car l'enfant à naître n'a rien demandé donc ne devrait pas être utilisé pour combler l'injustice que vit l'un de ses parents. Mais cela n'est valable que si les deux partenaires sont conscients et responsables, ce qui devient de moins en moins évident pour un nombre croissant de personnes.

  • Je comprends bien Loredana, vous portez la réflexion beaucoup plus en amont, et vous soulignez un des aspects fondamentaux du couple: le choix et la responsabilité, sans quoi l'amour n'est qu'une distraction. Je partage ce point de vue que cela doit être repensé, refondé, et que cette refondation éliminera bien des problèmes en aval. Et il est vrai que la discussion actuelle, aussi légitime soit-elle dans son pragmatisme, consacre l'échec de cette responsabilité. Dans l'attente de cette refondation il faut pourtant gérer la crise...

  • Il me semble, Hommelibre, que cela fait un moment qu'on essaie de gérer cette crise (crise du couple, de la famille), mais plus on légifère, on crée de nouveau contrat, on adapte et plus elle s'amplifie. Raisonnement rétrograde ? surement, mais sans fondamentaux pas de fondements/bases solides.

  • Là nous nous rejoignons. Les politiques n'ayant plus de vision (ce qui est peut-être un bien plus qu'un mal), ce sont les penseurs qui manquent à l'appel, des esprits qui ne soient pas les fleurons d'une quelconque coterie mais des êtres indépendants et vastes.

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