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Si ce n'est toi-5: il faut choisir

Nous avons vu précédemment que le passé a deux visages. Le premier visage, fait de lois supposées conditionner l’ensemble de la société voire de l’humanité, serait celui d’une femme soumise, taiseuse, molle, éventuellement famélique, yeux baissés, obéissante, dépendante, cloîtrée au poulailler-cuisine à pondre ses bébés, en face de laquelle se dresse l’homme grand, puissant, fort, décideur de tout, contrôlant, dur, tyrannique, ne considérant la femme au mieux que comme une servante, au pire comme une esclave. Quelle est la part de névrose dans cette image?

lion.jpgLe second visage est la réalité vécue, où l’organisation sociale était au partage des rôles: la femme paysanne reine de la maison, gardienne des biens, éducatrice, porteuse de soins, parfois bagarreuse et parfois guerrière ou reine de pays, gérant l’argent, choisissant souvent son compagnon, gardienne de la vertu, partageant nombre d’activités de l’exploitation ou artisane. En face les hommes, roi des champs et des chemins, guerriers mourant jeunes, souvent absents, soumis à la classe dirigeante, laissant l’épouse gérer l’argent qu’il gagne, chef de famille c’est-à-dire représentant juridique de son clan familial et chargé d’une lourde responsabilité, nourrisseur et pourvoyeur pour ses enfants, transmettant son nom - seule marque lui offrant une certitude sur sa paternité sociale et lui conférant un vrai rôle et une vraie responsabilité envers ses enfants.

La réalité, selon les époques et les lieus, est infiniment plus nuancée et contrastée que l’imagerie de la domination masculine massive, systématique, délibérée, le laisse croire. Au moment où les femmes romaines dépendaient de leur mari (tout en pouvant le répudier ou prendre ouvertement un amant, quand-même), les femmes celtes possédaient leurs biens, participaient à la vie publique et parfois faisaient la guerre. En même temps qu’un concile de l’église catholique tentait sans succès de faire adopter la thèse selon quoi les femmes n’avaient pas d’âme, des femmes jouaient un réel rôle dans la vie du Moyen-Âge.


Une contradiction irréductible

Aujourd’hui la Féminista dépeint d’un bloc cette supposée tyrannie masculine et son corollaire: l’esclavage des femmes auxquelles toutes les libertés auraient été refusées. C’est donc faux. Mais ce mythe de la domination masculine partage clairement l’humanité en deux camps: les gentils et les méchants. Les méchants seraient exclusivement les hommes: on a beau dire que le sexe et le genre sont dissociés (ce qui reste à prouver), en réalité on parle toujours des hommes quand on parle de domination masculine. C’est donc bien un sexe en particulier qui est visé et auquel on fait la guerre.

Ce qui conduit la théorie des genres à l’impasse: soit les genres ne sont pas les sexes, selon la théorie gender. Dans ce cas l’on ne peut attribuer la domination en particulier aux hommes. Soit la domination est masculine et imputable essentiellement aux hommes, auquel cas la théorie de dissociation des sexes et des genres est erronée. En toute logique les deux théories ne peuvent êtres associées parce que construites sur une contradiction irréductible.
macho1.jpg
On peut objecter à cela qu’il n’y a pas besoin d’une différence biologique pour qu’un genre fasse preuve de caractéristiques spécifiques: la construction sociale y pourvoit. Mais alors, qui a construit les hommes ainsi? Quelle serait la part des mères dans la construction de cet homme supposé dominant? Qui les a éduqués à être ces monstres que certaines aujourd’hui se complaisent à décrire? Les femmes ayant été de longue date les principales éducatrices, que ce soit à la maison ou à l’école, auraient-elle fabriqués des hommes mauvais pour se faire mal? Pour se faire dominer? Pour s’en faire des ennemis? J’en doute. Les femmes sont intelligentes, elles ne feraient pas cela. La supposée domination masculine serait-elle produite par les femmes? Le macho italien si attaché à sa mère ne serait-il qu’un enfant trop tendre que la mère durcit pour en faire un homme selon sa propre attente ou pour le préparer à la lutte pour la vie? Les hommes sont faits par les mères. Jusqu’où le comportement masculin est-il fait, prévu, organisé, mis en place par les mères? Etrangeté de cet homme voulu par les mères, et dont les femmes ensuite se plaignent.

Jusqu’où une femme accepte-t-elle un homme qui pleure, qui doute, hypersensible? Et combien sont-elles prêtes à faire leur vie avec un tel homme? Jusqu’où l’homme tendre est-il compatible avec la survie de l’espèce?


Il  faut choisir

Les femmes ne sont pas masochistes, elles sont intelligentes, elles ont elles aussi choisi le système de répartition qui devait - comme pour les hommes - forcément apporter plus d’avantages que d’inconvénients. Ce qui n’était plus le cas sous le code Napoléon et dans une période historique très misogyne à la Renaissance. La souffrance que nombre de femmes ont exprimée n’est pas un mythe, et leur révolte est légitime et utile. Ce qui est un mythe c’est l’interprétation généralisée, en tous temps et en tous lieux, d’un supposé abus dominateur des hommes dans leur ensemble et par système. Même sous le code Napoléon la réalité était loin d’être à l’image d’une femme taiseuse, soumise, yeux baissés, que l’on se complaît un peu trop vite à décrire en inculpant par automatisme les hommes. Voir à ce sujet mon précédent billet et ce témoignage paru sur un forum et que je reproduis dans Féminista : ras-le-bol ! :

femmedominante2.jpg« ... ma propre expérience m’a fait vivre mon enfance pendant la période d’entre deux guerres, c’est à dire en plein patriarcat. Ce que j’en dis ne doit rien aux citations de textes anciens, c’est du vécu. Il faudrait qu’on en revienne à la réalité, mais sans témoins directs la vérité a peu de chance d’émerger. En tout cas, ce qui est dit est à cent lieues de ce que j’ai vécu. Dans la vie réelle de tous les jours (hors du code Napoléon et autres écrits complètement ignorés dans les chaumières) les hommes étaient privilégiés dans certains cas, dans d’autres cas c’était les femmes (à elles, par exemple la "bonne" éducation, comme vous le dites, les garçons n’y avaient pas droit parce qu’ils travaillaient aux champs dès le plus jeune âge (à six ans mon frère aîné gardait les vaches et à douze mon père était loué comme berger l’été dans la montagne). Selon une vieille dame qui serait maintenant âgée de cent sept ans, mon père commandait aux champs, ma mère commandait à la maison. Je serais fort étonné qu’à cette époque des propos de la violence de ceux qu’on relève couramment aujourd’hui aient été échangés. »

Il faut donc choisir

Soit la domination est masculine, elle est le fait des hommes en tant que sexe autant que genre, elle est un système mis en place pour dominer, exploiter, mettre en esclavage les femmes en tant que sexe et genre. Et l’on admet alors que les genres sont différenciés et que quelque chose de particulier appartient aux hommes et non aux femmes. Auquel cas la théorie d’indifférenciation des genres et le paradigme de Simone de Beauvoir perdent toute valeur («On ne nait pas femme on le devient»).

Soit on maintient l’indifférenciation des genres, auquel cas il n’y a pas de domination plus masculine que féminine, et auquel cas le fait d’attribuer la domination aux hommes n’est rien d’autre que l’expression d’un sexisme misandre, d’un stéréotype de genre.

En réalité ce mythe de la domination masculine tient sur une vision paranoïaque, pathologique voire simplement politisée et clivée de l’histoire humaine et son but est de criminaliser les hommes pour prendre le pouvoir sur eux. Bien sûr on peut citer le fait que les hommes ont plus gouverné que les femmes, ou que des religions ont interdit ou interdisent l’égalité des fonctions entre les hommes et les femmes au sein du clergé. On peut aussi citer des mises en boîte, des stéréotypes véhiculés par des hommes sur des femmes. On entend raconter que les femmes n’auraient pas eu d’âme, selon la religion catholique. Ce qui est simplement faux: c’est une légende.

Mais on peut citer autant de préjugés dans l’autre sens, des femmes sur les hommes. A la femme légère répond l’homme coureur. A la prostituée répond la légendaire infidélité masculine. Des deux côtés, dans les deux «camps», on s’observe, s’épie, se juge, se stigmatise, on s’interdit, on se contrôle. Des femmes contrôlent autant que des hommes: les sms, l’odeur, les traces sur le col, l’argent du ménage, les rendez-vous, etc. L’égalité sert à des dominantes à contrôler encore plus ce que fait l’homme, c’est un instrument de pouvoir sur l’homme puisque la femme est positionnée en victime. Si le contrôle, comme il est parfois dit, est le début de la domination, alors il est largement partagé entre les sexes.  Mais tout cela n’est pas non plus une généralité. La majorité des femmes que je connais est cool et confiante. Les hommes aussi.

 

 

A suivre.

 

 

 

 

 

A lire pour aller plus loin dans le débat:

FéministaPanneauA4.jpg

Catégories : Féminisme 9 commentaires

Commentaires

  • Bonjour, j' ai un avis qui peut éveiller l' attention sur un choix original. Je crois que le mieux, enfin selon moi et sans grande conviction de ma part, c' est quand l' homme et la femme s' échangent leur faculté de dominer. Et comment ? En ignorant leur soumission. De cette façon, ils trouvent leur place assez grande pour se nourrir l' un envers l' autre. Et les surprises abondent en tuant la routine.
    C' est la libération des genres par l' application de la connaissance entre eux.
    Si on prête plus d' attention en faisant en sorte de nous connaître, la Domination se partage en nos instincts. Et ainsi c' est le naturel qui l' emporte.

  • Attention, je parle du naturel humain donc du bien efficace contre le mal.
    Et c' est là la difficulté : savoir ce qui nous fait du bien. Car quand les corps sont détraqués par le matérialisme, bonjour le mal pour le bien ou le bien pour le mal. Et faut souffrir pour être belle, c' est ce qu'on dit pour les filles.
    Et faut être un homme pour les garçons. Si nos corps ont besoin d' avoir mal pour nous faire du bien, aujourd'hui, c' est qu' il nous faut revenir du mal que nos genres ont subi pour ressentir le bien qui nous vient de l' eau ? L' eau de la mère, je pense. A part elle qui peut nous faire sentir le bien.
    C' est une suggestion.

  • Moi, dans la vraie vie et au dela des fanfaronnades au bureau ou ailleurs, je connais énormément d'hommes dominés par leur compagne: ne gérant pas l'argent du couple, filant doux et ayant des comptes a rendre pour quelques minutes de retard, laissant finalement le choix de vie a leur douce et tendre compagne. Si c'est de la façade, ils jouent vraiment bien.
    Alors quand j'entends les slogans féministes de nos pays, je me demande d'où ils sortent, sans doute d'un monde dont j'ai été miraculeusement préservé. Je ne doute pas qu'il y ait fort a faire dans certaines contrées mais par chez nous j'ai de gros doutes.

  • @ Pat:

    Je fais le même constat.


    @ Crystal: j'aime bien votre idée de partager naturellement nos dominations. C'est une façon intéressante de répartir dans l'égalité.

  • @Pat

    Ces féministes sont tellement laches qu'ils n'oseraient pas aller dans des pays où le viol, la violence aux femmes ... est monnaie courante.

    Il paraît qu'en Amérique du Sud, c'est le domaine du Cartel, que les féministes me jettent la première pierre, si elles arrivent à faire la promo de leur propagande à deux balles dans ces contrées.

    Sinon c'est de la lacheté et de la mauvaise foi.

  • Quelques années en arrière la France a vécu une période sombre et quelques courageux se sont levés et ont pris tous les risques pour dire non a l'oppression et ils ont effectivement participé a leur propre libération , mais quand l'occupant a été mis a mal, que la victoiré était évidente et le risque déjà lointain, des masses de resistants de la dernière minute ont senti naitre la vocation et se sont rués pour défendre le pays: ils ont tondu des femmes a tour de bras et exécuté en masse tout ceux qui de près ou de loin leur ont semblé être suceptible d'avoir possiblement collaboré, ils en ont aussi profité pour régler leur comptes: untel qui était sur le chemin de l'élection, unetelle qui avait refusé ses faveurs, untel qui avait une propriété tentante, etc.....
    Le feminisme suit le même chemin par chez nous, aujourd'hui que le combat est gagné et ou quelques ajustements demeurent nécessaires dans les deux sens, il est important pour certain(e)s de profiter de la gloire, de la sanctification et de l'impunité pour régler ses comptes et humilier l'autre par tous les moyens.

  • @ hommelibre .
    Merci hommelibre, il fait bon vivre chez vous.

  • Merci Cristal, z'êtes chou. Je reviendrai sur votre idée, j'en ferai peut-être un billet. J'ai envie d'explorer cette idée que je trouve pleine d'intérêt.

  • Super hommelibre, car je ne pourrais pas avancer si j' étais seule avec mes commentaires par tous les sujets qui m' intéressent à coeur pour vivre dans le bonheur de me donner au partage dans ce monde entier qu' est notre Univers :)))
    Alors oui, un billet pour l' importance de fonder ce qui pourrait nous inspirer tous autant que nous sommes : l' avenir de l' Humanité.

    Sympathique, merci, votre envie de développer.
    A l' Unité de bientôt j' espère.

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